Fédération de la Dordogne du Parti Socialiste

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Les dernières élections régionales, et le retrait pur et simple des listes socialistes arrivées en 3éme position qui n’avaient quasiment aucune chance de l’emporter a suscité un débat riche en réflexions. En voici une synthèse.   Elections régionales Pourquoi le PS a-t-il eu tort de … Continuer la lecture

Les dernières élections régionales, et le retrait pur et simple des listes socialistes arrivées en 3éme position qui n’avaient quasiment aucune chance de l’emporter a suscité un débat riche en réflexions. En voici une synthèse.

débat

 

Elections régionales

Pourquoi le PS a-t-il eu tort de retirer ses listes dans les deux Régions (Nord/Picardie et PACA, là où le candidat du FN avait toutes les chances de l’emporter au second tour ?

1-    Ce retrait donne rétrospectivement raison à Marine Le Pen quand elle affirmait avoir en face d’elle le système UMPS, ce que les instances du PS réfutaient à l’époque d’une manière catégorique. Or il faut bien reconnaître aujourd’hui qu’elle avait raison, il y a bien eu objectivement un front commun entre la droite classique et la gauche au cours de  ces Régionales.

2-    Cette décision de l’état major socialiste de retirer les deux listes de gauche a été prise sans consultation des candidats, sans prise en compte des électeurs de gauche (sympathisants ou pas), et surtout sans même avoir obtenu la moindre réciproque de l’UMP (LR).  On ne cesse de dire pis que pendre de cette droite sectaire, de cet Estrosi (sarkoziste convaincu),  de ce Xavier Bertrand affirmant, il n’y a pas si longtemps, qu’il n’avait rien à voir avec les socialistes, et d’un seul coup on dit aux électeurs de voter pour eux sans barguigner ? Tout cela sent la magouille et plus encore un manque de sincérité, un manque d’égards par rapport aux électeurs de gauche (ils ne sont pas des pions tout de même !)

3-    D’autre part, il me semble malsain que dans un pays démocratique, un parti quel qu’il soit (et le FN est un parti reconnu officiellement que je sache !) et qui représente 25 à 30% des votes exprimés (et parfois 40% comme dans les deux Régions concernées) ne soit représenté dans aucune instance parlementaire. Les frustrations et les passions ne peuvent que s’en trouver exacerbées. Ce n’est pas comme ça qu’on fera baisser le FN qui est un parti attrape-tout pour ne pas dire attrape-nigaud mais qui est un parti qui joue un rôle dans la vie politique française. Pourquoi ne pas respecter le vote démocratique et le mettre en état de diriger une ou deux Régions ? On aurait vu ce dont il est capable ! 

4-    Le retrait dans ces 2 Régions laisse la Gauche absente durant 6 années. C’est long six années ! Six années à ne pas être informé, à laisser le champ libre aux autres et à toutes sortes d’initiatives non soumises à discussion, c’est grave. La reconquête de cet électorat se fera très difficilement si elle se fait un jour. A contrario, dans la Région Alsace/Lorraine/Ardennes/Champagne, où l’équipe PS s’est maintenue  en dépit de toutes les pressions pour qu’il se retire, le PS (ou ses représentants), malgré son faible score, disposera tout de même de 19 élus. La Gauche sera présente, ce qui change tout.

5-    Mais il y a plus encore. On a fait échouer le FN dans ces deux Régions. Car, n’en doutons pas un instant, si le FN n’a pas gagné dans les deux Régions qu’il convoitait, c’est en raison du retrait des listes de gauche et du bon report des votes de gauche sur le candidat de la droite dite républicaine. Et du coup, on fait apparaître le PS comme l’ennemi principal du FN, l’obstacle majeur de l’arrivée du FN au pouvoir. D’où les représailles qu’il faut attendre du FN dans les prochains scrutins. Mis en demeure de choisir entre ses deux ennemis (Droite républicaine et Gauche), le FN risque de choisir d’une façon encore plus marquée qu’il ne le faisait jusqu’à présent la droite classique.

Autrement dit, cette stratégie du retrait et du report des voix massif de la Gauche vers la Droite aggrave la porosité entre l’extrême droite et la droite classique (ce qui va à l’encontre des intérêts du PS). D’ores et déjà, on peut se demander si la Région d’Ile de France n’a pas été perdue à cause d’un déplacement des votes de l’Extrême droite (dont le candidat pourtant était présent au second tour) sur la liste de Valérie Pécresse !  

D’où ma conclusion en forme de question :

N’y a–t-il pas un paradoxe à vouloir faire du FN un parti diabolique, un parti non républicain alors qu’il est reconnu officiellement sur la scène politique, qu’il est habilité à se présenter à toutes les élections, etc. ?

En pratiquant la chaise libre dans deux Régions et  en essayant de faire de même dans une troisième Région, le PS est-il sûr d’avoir choisi la bonne stratégie à court terme (présidentielles) et à plus long terme (reconquête de ces Régions) ?

 JEAN CHAUSSADE

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NON IL FALLAIT FAIRE BARRAGE …  

« LE VENTRE EST ENCORE FECOND D’OU EST SORTIE LA BETE IMMONDE »  

                                                  citation de   Bertold BRECHT

 Je vais sur mes 79 ans. Mes parents, pieds-noirs, sont arrivés en métropole en 1936. C’étaient des petits blancs charmants, racistes et xénophobes. A  un peu plus de 20 ans, on m’a envoyé, comme tant d’autres, passer plus de 30 mois en Algérie jouer aux cow-boys et aux indiens. J’en suis revenu indigné, ulcéré, révolté, profondément humaniste et farouchement de gauche.

Ma pauvre mère n’a jamais compris que ces arabes aient pu se rebeller après des années d’un colonialisme qui perdurait encore, souvent sous la forme d’un paternalisme qui suffisait à se donner bonne conscience, pendant toutes mes années de service militaire.

Pendant que le Lieutenant LE PEN torturait allégrement en Algérie, le Sous Lieutenant HEILLES alignait allégrement les jours de « gnouf » et participait secrètement à des réseaux d’extrême gauche. Le Pen et l’OAS furent les ferments de ce qu’allait devenir le FRONT NATIONAL .

Ce long préambule pour faire comprendre aux plus jeunes pourquoi beaucoup de ceux de ma génération n’arriveront probablement jamais à considérer le FRONT, même avec ses près de sept millions d’électeurs dont la majeure partie n’ont pas lu le programme, et, s’ils l’ont lu, n’en ont pas mesuré les conséquences pour notre pays, à accepter la tentative de dédiabolisation de ce parti honni dont la haine de l’autre est la véritable pierre d’achoppement.

Oui, je suis heureux que notre Premier Ministre ait demandé aux socialistes de trois régions de se retirer pour empêcher la xénophobie d’arriver au pouvoir. Oui, j’aurais voté sans états d’âme, mais la rage au cœur, pour Bertrand ou Estrosi (oui, même Estrosi !) s’il avait fallu faire une fois de plus barrage au FRONT comme nous l’avions déjà fait pour CHIRAC .

Car ne nous y trompons pas. Contrairement à ceux qui pensent qu’il fallait leur laisser prendre une ou plusieurs Régions, arguant qu’ils y ficheraient une telle pagaille en 16 mois que la route à la Présidentielle leur serait coupée, je pense personnellement le contraire et ce pour deux principales raisons : un, ils ne sont pas bêtes au point de se conduire en fascistes en régions pendant ce court délai. Ils se feront doux comme des agneaux, prendront des mesures démagogiques qui plairont au bon peuple (on pourrait d’ailleurs se demander avec quels moyens et quelles troupes…) et attendront sereinement l’échéance suprême. Deux : les pouvoirs des Régions sont ce qu’ils sont. Ce sont tout de même l’Etat et les Départements qui sont les maîtres du jeu. Le risque est donc relatif.

Enfin,  je rappelle l’article que j’avais fait paraître sur ce même blog à l’occasion des élections départementales dans lequel j’exposais la longue litanie des néo-frontistes embauchés pour l’occasion –c’est-à-dire pour devenir « conseiller départementaux » – dont les ennuis avec la justice étaient patents (y compris celui de Périgueux) pour diverses raisons dont surnageait tout de même la xénophobie (« l’adoratrice » de la « singe » Taubira, par exemple…)

Non, Camarades, croyez-moi, le ventre est encore fécond…

Alain HEILLES

 

TOUT CA POUR CA !

Et maintenant, on fait quoi ? La France a évité le pire, le Front national ne préside aucune région, gauche et droite se sont partagé le territoire. Manuel Valls annonce un plan massif pour l’emploi, Nicolas Sarkozy purge son parti, Claude Bartolone remonte sur son perchoir, l’orchestre continu à jouer… Et vogue le Titanic vers le prochain iceberg ?

Il y a quelque chose de désespérant à imaginer la vie politique reprendre son cours comme si rien ne s’était passé depuis deux semaines. La France s’est épargné un tremblement de terre et c’est une excellente nouvelle. Le parti de Marine Le Pen échoue une nouvelle fois à prendre le pouvoir, empêché par la réaction salutaire et citoyenne de millions de français qui ont décidé de faire fi de leurs préférences partisanes pour préserver ensemble l’essentiel. Ceux-ci n’ont pas exprimé dimanche un vote d’adhésion mais un vote de barrage. Pour sauver l’image qu’ils se font de notre République. Pour dire non au populisme et à son cortège de haine.

Mais cette victoire de la République est aussi une victoire en trompe l’œil. Car pendant ce temps, l’extrême droite a rassemblé sous ses sombres couleurs un nombre record de suffrages. Près de sept millions d’électeurs au total, une première dans notre histoire. Ceux-là ne disparaitront pas comme par enchantement aux prochaines échéances électorales. Le FN est désormais un parti solidement implanté dans le paysage, qui peut s’appuyer sur un réseau d’élus et un tissu de militants bien décidés à engranger leurs moisson de voix aux élections municipales, départementales et régionales.

La mécanique institutionnelle de la Vème République, avec ses scrutins majoritaires, réduit certes pour l’instant le risque de la voir se hisser au sommet de l’Etat. A condition toutefois que les idées qu’il véhicule dans l’opinion restent minoritaires… Et si l’électorat de gauche a prouvé dimanche dernier qu’il était encore capable de sacrifier ses convictions pour écarter le danger de l’extrême droite, rien ne permet de dire à cette heure, faute de précédent historique, qu’il en serait de même pour l’électorat de droite.

Ne nous y trompons pas : Marine Le Pen, hélas, incarne désormais l’alternative sur l’échiquier politique. Une alternative illusoire et délétère, bien sûr, mais une alternative identifiée. Quand la gauche reprend les mots de la droite, quand la différence entre deux quinquennats se dilue en grandes rasades d’austérité budgétaire, de déchéance de nationalité ou de TVA sociale, l’électorat finit par perdre ses réflexes et ses repères.

Plus inquiétant encore : lorsque le casting qui se dessine pour la présidentielle de 2017 laisse augurer un remake de 2012, on se prend à redouter une réaction de rejet, plus profonde encore, celle-là. Personne ne paiera son ticket pour voir la suite d’un mauvais film avec de mauvais rôles . Surtout lorsque l’on connaît déjà la fin de l’histoire…

Matthieu CROISSANDEAU, Directeur de la Rédaction de l’OBS .

 

 

 

 

 

 



Source : http://lalinde.parti-socialiste.fr/archives/3088...

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