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Penser une autre agriculture
Aujourd’hui, en 2010, plus d’un milliard d’êtres humains souffrent de la faim dans le Monde.
L’humanité devrait atteindre huit milliards d’individus en 2030 et neuf milliards en 2050. Afin de garantir leurs approvisionnements alimentaires et/ou énergétiques, de nombreux pays investissent dans des terres agricoles dans les pays en développement. L'appropriation de terres agricoles de pays du Sud par des investisseurs publics ou privés s'est accélérée. Le principe ? Des investisseurs, issus de pays dépendants des importations alimentaires et cherchant à externaliser et sécuriser leur production alimentaire nationale, achètent des terres agricoles dans d'autres pays. L'Arabie saoudite, le Japon, la Chine, l'Inde, la Corée, la Libye et l'Égypte font partie des principaux acheteurs actuels. Entre 2000 et 2050, les surfaces cultivées mondiales auront progressé de 19 %, à un rythme moyen de 7,5 millions d'hectares nouvellement cultivés par an, soit un rythme presque deux fois plus rapide que celui observé entre 1961 et 2000. Les nouvelles surfaces agricoles auront été trouvées essentiellement en Afrique subsaharienne et en Amérique latine, et dans une moindre mesure en Asie. Près de 20 à 30 millions d'hectares de terres auraient fait l'objet d'acquisition ces dernières années, un chiffre probablement sous-évalué. La Banque mondiale a identifié environ 400 projets répartis dans 80 pays. La plus grande partie (37 %) de ces projets d'investissement est destinée à la production alimentaire (cultures et élevage) et énergétique, agrocarburants principalement (35 %). L'Afrique concentre la moitié des projets, suivie par l'Asie, l'Amérique latine et l'Europe de l'Est. Ainsi, face à l'accaparement de terres à des fins spéculatives par ces acteurs souvent peu scrupuleux, les populations locales ont peu de poids. Les droits d'usage coutumiers sont ignorés, ils sont dès lors expulsés ou privés de l'usage des terres. Ces opérations à grande échelle menacent les droits fonciers des pauvres, en particulier des détenteurs de droits coutumiers et collectifs, la sécurité alimentaire des pays hôtes et l'environnement. Ces opérations ne bénéficient malheureusement pas à la population. D'un point de vue environnemental, les risques sont également nombreux étant donné que les investisseurs pensent à court terme : déforestation, réduction des nappes phréatiques, pollution. Face à ces dérives, il faut absolument encadrer ces pratiques, à défaut de pouvoir aujourd'hui les interdire. Concilier l'agriculture industrielle et le développement de l'agriculture traditionnelle ? Source : http://www.ps24.org/saintpierre/Penser-une-autre-a... |
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