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Par ici la sortie pour nos services de proximité ? Disons-non !Par Claude Bérit-Debat , Sénateur de la Dordogne
Au Sénat, j’ai défendu cette semaine le service public postal car ainsi va le gouvernement qui, sourd à toute opposition, continue à détricoter les services publics au nom d’un libéralisme économique que lui seul réclame. Face à ce choix idéologique, nous devons réaffirmer avec force les principes qui nous animent et défendre bec et ongles la Poste.
Alors, oui, c’est bien à la Nation, à la collectivité française, de réaliser les missions de services publics indispensables au bon fonctionnement de la société. Car oui, la poste est un symbole de la République et, à ce titre, a des missions et une vocation qui ne peuvent être réduites à une simple course au rendement et au profit. En tant que symbole républicain, la Poste doit permettre le respect du principe d’égalité des citoyens. De ce fait, il n’y a aucune raison pour que des Français vivant en zones rurales ou en zones urbaines sensibles soient défavorisées en raison de leur lieu d’habitation.
La Poste doit être présente partout, pour tous.
Dans ces conditions, un seul leitmotiv s’impose : « Non, la Poste ne doit pas être transformée en société anonyme ». Preuve a été faite que la conservation de son statut actuel d’EPIC suffit complètement à réaliser les missions qui lui incombent. C’est également car la Poste n’est pas « une entreprise comme les autres », qu’il faut s’opposer à la mise en place d’un actionnariat des personnels : ces salariés ne sont guidés que par le sens du service public et le goût de l’intérêt général. Quel intérêt alors d’en faire des « quêteurs de dividendes », si la mission de la Poste n’était pas de faire du chiffre ?
Voilà en substance les amendements que j’ai défendus au Sénat pour soutenir un service public postal à la Française parce qu’aucun texte, français ou européen, en réalité, n’oblige le gouvernement a changé le statut de la poste ! Rien n’impose la privatisation ! La droite fait donc un choix idéologique. Celui « du marché roi », dont on peut mesurer depuis maintenant un peu plus d’un an le génie de la main invisible qui le guide ! On constate d’ailleurs que des pays, comme le Japon, qui avaient largement privatisés leurs services publics dont la poste, font désormais machine arrière.
Je pense que la poste fait partie de ces services publics fondamentaux, dont la Nation a besoin, et dont la nécessité est gravée dans notre Constitution et, plus précisément dans le préambule de 1946 en son art. 9. Aussi, j’ai dénoncé la volonté du gouvernement de faire entrer la Poste dans une course à la rentabilité, ce qui ne peut se faire, chacun le sait bien, qu’au détriment des citoyens et des usagers du service public. Et la motion référendaire ?
J’ai soutenu également la motion référendaire déposée par le groupe socialiste visant à permettre aux citoyens de s’exprimer directement sur la question du statut de la Poste. Face à cette motion, le gouvernement, qui se targue pourtant d’avoir fait un choix « logique », a opposé une fin de non-recevoir teintée d’un mépris insupportable vis-à-vis de l’expression populaire.
En effet, la droite prétend que la Poste est « imprivatisable » et que les 2 millions 400 000 personnes qui ont participé à la votation citoyenne le 3 octobre dernier avaient été victimes d’une dangereuse manipulation de gauchistes. Nous avons eu droit même à une complainte lyrique du Ministre de l’Industrie. Non content de nous apprendre qu’il considérait que la votation citoyenne lui rappelait les grandes heures de l’union soviétique, il nous a parlé de l’Oiseau bleu symbole de la Poste que l’on retrouve stylisé sur les voitures jaunes de l’établissement public: La poste fait partie du patrimoine hexagonal nous a-t-on dit implicitement. Sans prendre la peine de préciser que ce patrimoine serait bientôt amputé puisque son projet de loi annonce à terme la privatisation de la Poste. J’ai dit que les socialistes, à travers la motion référendaire qu’ils présentent, prenaient leurs responsabilités en défendant la présence de la poste sur l’ensemble du territoire, afin de garantir le maintien d’un service public auquel les Français sont viscéralement attachés. Parce que la question est d’importance, je considère donc qu’il était légitime de permettre aux citoyens de s’exprimer sur un texte qui engage notre pacte social. Le Président de la République n’avait-il pas dit qu’il souhaitait l’instauration d’un dialogue direct et franc avec les Français et que la révision constitutionnelle de 2008 devait le rendre possible ? Visiblement pour la majorité, la privatisation de la Poste ne nécessite pas un tel débat. Sans doute car donner la parole aux citoyens sur ce sujet, c’était prendre le risque de les entendre dire non à un projet dont seul le gouvernement ressent l’utilité ! Enfin, quid de la présence de la Poste en Dordogne ? Dormez tranquille répond le gouvernement !
« Agence postale communale, relais poste chez un commerçant, ces formules concourent au maintien de la présence postale en milieu rural. Une enquête (faîtes probablement par la poste… et pour la poste) montre que 90 % des clients et 87 % des élus s'en déclarent satisfaits. »… « vous avez donc tout lieu d’être rassuré, Monsieur le Sénateur ! » Voilà la réponse fournie par Hervé Novelli, le secrétaire d’Etat, à la question que je lui ai posée, le mardi 3 novembre sur l’affaiblissement sans précédent de la présence postale sur notre département. (retrouvez l’intervention complète : http://www.beritdebat.fr/lire.php?l=293).
Nul doute qu’elles ne satisferont personne tant le jeu de dupes orchestré par la direction de La Poste que j’ai dénoncé est flagrant ; soit nos élus acceptent une agence postale, voire un point poste, qu’ils prennent en charge financièrement, soit le bureau de poste est maintenu mais avec des horaires d’ouverture de plus en plus réduits. C’est le cas de Bourdeilles, Saussignac, Saint Antoine de Breuilh, Saint Pierre de Côle ou villars. Que dire aussi du site de l’ancien centre de tri de Marsac sur l’Isle ?
Il va perdre en réalité la gestion du courrier départemental au profit de la plate-forme industrielle du courrier à Cestas, en Gironde. Cela signifie concrètement la disparition de 50 salariés sur les 100 en activité aujourd’hui ! Voilà encore un autre signe de régression du service public de la Poste et de sa présence en milieu rural tout comme la suppression de postes d’encadrement comme à Sigoulès.
J’ai demandé au secrétaire d’Etat ce qu’il comptait faire, en quoi le changement de statut de la Poste réglerait-il les problèmes existants ? Allait-il enfin entendre les habitants des communes rurales, las d’être considérés comme des citoyens de seconde zone ? Il m’ a seulement convaincu de la justesse du combat des socialistes et de la gauche pour défendre le service public postal. |
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