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Ouvrir une école, c'est fermer une prison
Proposition de loi relative à la suppression des allocations familiales en cas d’absentéisme scolaire…
« Victor Hugo disait qu'ouvrir une école, c'est fermer une prison. Aujourd'hui, on dirait bien que l'école, celle que vous nous proposez à travers ce texte, est plus un tribunal, où l'on sanctionne, où l'on condamne, qu'un lieu où l'on transmet et où l'on instruit ». voilà en substance ce que j’ai indiqué au gouvernement lors de mon intervention au sénat. En effet, l’absentéisme touche un nombre croissant d’élèves et pèse sur leurs chances de s’insérer durablement dans la vie active. Plutôt que d’identifier les causes de ce problème pour y remédier, la majorité préfère pourtant supprimer les allocations familiales aux familles des élèves absents. Je me suis donc fermement opposé à cette loi qui marque une nouvelle étape dans la surenchère sécuritaire de la majorité. J’ai dénoncé les amalgames insupportables entre absentéisme et violence ; entre démission des parents et difficultés des élèves à trouver leur place à l’école. J’ai déploré également que cette loi pénalisait encore une fois les plus fragiles, puisqu’elle prévoit que la suppression des allocations familiales ne sera pas compensée dans le calcul du RSA. C’est une véritable double peine complètement inadaptée aux réalités, notamment lorsque l’on sait que plusieurs centaines de milliers d’élèves sont d’ores-et-déjà contraints de trouver dans petits boulots pour que leur famille puisse joindre les deux bouts. J’ai dénoncé enfin une rupture de l’égalité entre les familles, puisque par définition cette loi ne sanctionnera que les familles d’au moins deux enfants, celles avec un unique enfant ne percevant pas les allocations familiales. Pour toutes ces raisons, j’ai voté contre cette loi, considérant que l’école ne saurait se transformer en un tribunal où l’on sanctionne et où l’on condamne mais doit rester au contraire un lieu où l’on transmet et l’on instruit. Claude BERIT-DEBAT |
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