Fédération de la Dordogne du Parti Socialiste
La Fédération

Le socialisme en Périgord, une idée qui poursuit son chemin...



La fédération socialiste de la Dordogne a fêté ses 100 ans au printemps 2001. Ce fut pour nous tous une formidable occasion de se pencher sur notre passé collectif, de suivre l'itinéraire d'une idée, décennie après décennie et d'observer le parcours d'hommes, de femmes qui l'ont portée à bout de bras. Un tel voyage dans le temps doit nous être utile pour mieux nous connaître, cerner davantage notre identité, afin de consolider notre avenir. Désormais, notre fédération est suffisamment ancienne pour être moderne...

par Christophe Cathus


Sommaire

  1. Le cadre socio-économique du Périgord
  2. La tradition politique en Périgord
  3. En Périgord, le socialisme naît avec le siècle
  4. Les temps difficiles de la scission de Tours
  5. Montée en puissance et Front Populaire
  6. L'émergence du socialisme comme force dominante à gauche
  7. 1960-1990 : trente années de prééminence socialiste
  8. Le temps du renouveau socialiste 
  9. Quelques grands personnages
  10. Coups de coeur


Retracer en quelques lignes un siècle d'histoire du mouvement socialiste en Périgord constitue un exercice difficile. Tout ne peut pas être dit. Aussi, un regard différent est porté en bâtissant cette histoire autour de trois fenêtres qui s'ouvrent sur un panorama historique global. D'abord, il s'agit de retracer une histoire générale mais très succincte qui tente de mettre au jour les grandes tendances, les principales évolutions depuis un siècle. Ensuite, l'évocation du parcours de trois grands personnages doit nous permettre de cerner la dimension personnelle et humaine de cette histoire. Enfin, dans un troisième temps beaucoup plus subjectif, des "coups de cœur" sont évoqués, épisodes connus et moins connus qui ont valorisé et pimenté l'évolution séculaire du Socialisme en Périgord.
 


Le cadre socio-économique du Périgord

Le département, qui compte 396 700 habitants en 1931, se caractérise par une forte proportion de la population rurale. Celle-ci représente 83,50 % de la population totale en 1921. Dès le début du siècle, l'exode rural apparaît au bénéfice des vallées où se concentrent des petits centres industriels et où la qualité des sols permet une agriculture prospère. Cependant, s'il constitue bien un fait réel, le dépeuplement des campagnes reste limité dans son ampleur. Ainsi, la terre fait vivre l'immense majorité de la population. La part de la population agricole (70 % de la population active en 1931) est deux fois plus élevée que la moyenne nationale. L'agriculture est donc la grande richesse du département avec une forte prédominance de la polyculture, de l'élevage et de l'exploitation des bois.

Un certain nombre de mutations touche aux structures agraires traditionnelles et modifie fondamentalement les rapports de force au sein des campagnes. En effet, les grands domaines agricoles sont vendus au XIXè siècle, parcelle par parcelle, aux métayers.

La grande majorité des surfaces cultivées est désormais travaillée par le propriétaire, aidé de sa famille. L'accès des métayers à la propriété rompt les liens de dépendance qu'exigeaient et perpétuaient les grands propriétaires. Les nobles et les aristocrates n'ont plus le pouvoir et l'influence qui étaient les leurs encore à la fin du XIXè siècle. Ce modèle rural "républicain" s'impose de manière définitive et cela va avoir des conséquences majeures sur la vie politique locale.

Alors que l'industrie lourde (sidérurgie, mécanique...) constitue le moteur de l'expansion industrielle de la France de l'entre-deux-guerres, la Dordogne reste attachée dans son ensemble à une industrie semi-artisanale, tournée vers le monde rural. Il n'existe que deux centres industriels d'importance qui font naître un monde nouveau, celui des ouvriers.

A Bergerac, malgré l'implantation de la Poudrerie nationale en 1915, c'est la compagnie de chemin de fer "Paris-Orléans" qui forme le véritable centre industriel de la ville. Cependant, Bergerac n'est pas sensibilisée au phénomène industriel autant que peut l'être Périgueux où le "PO", installé depuis 1864, compte près de 2 600 ouvriers en 1920. Cette donnée s'avère indispensable à saisir pour comprendre la portée réelle de notre sujet, car c'est à Périgueux, au sein même du monde ouvrier, que le socialisme trouve le principal levier de son action. 
 
 

La tradition politique en Périgord

Le socialisme en Périgord, une idée qui poursuit son chemin...
Dans ce département rural, une forte tradition républicaine, teintée d'anticléricalisme, s'enracine profondément même si l'influence Bonapartiste et conservatrice reste vivace jusqu'à la fin du XIXè siècle.

Cette tradition est symbolisée par l'écrivain Eugène Le Roy (1836-1907). Dans son ouvrage, Jacquou le Croquant, publié en 1899, l'auteur fait de son jeune héros l'héritier d'une longue tradition de serfs en révolte contre le pouvoir féodal. La défense de la République se situe au cœur du fondement de la tradition politique en Périgord. En effet, la République a permis aux plus "petits" d'améliorer considérablement leur niveau de vie en favorisant leur accès à la propriété. Aussi, l'affranchissement des paysans se traduit par un attachement profond à leurs terres. C'est pour cette raison essentielle que les paysans accordent leur confiance à ceux qui défendent la petite propriété. Cela explique l'implantation très large du radicalisme dans les campagnes périgourdines. Comme l'indique M. Genty (Les conseillers généraux en Dordogne), "la force des radicaux est de canaliser le mécontentement de tous les paysans qui paient le prix des mutations économiques, sans mettre en cause la société rurale indispensable à leur survie". Le socle de l'électorat radical est ainsi formé des paysans et de la petite bourgeoisie.

Le développement du mouvement socialiste ne peut que se heurter à la domination et à la puissante intégration du radicalisme dans la société périgourdine.

Aussi, en ce début de siècle, tout le défi des socialistes va consister à contester la suprématie et la légitimité radicales afin de s'imposer dans le jeu politique local.
 

En Périgord, le socialisme naît avec le siècle

Le cadre socio-économique que nous venons de décrire, se révèle ainsi défavorable à l'implantation d'idées révolutionnaires, davantage populaires chez les ouvriers. Il faut attendre le début du siècle (le 15 mai 1901) pour que soit créée une fédération socialiste grâce à l'action de Paul Faure qui devient le principal animateur de l'idée socialiste en Dordogne. En 1905, il représente la fédération périgourdine au congrès de la salle du Globe, à Paris, au cours duquel différentes tendances socialistes s'unissent pour créer la Section Française de l'Internationale Ouvrière (SFIO), sur la base d'une doctrine de classe qui exclue toute participation socialiste à un gouvernement bourgeois.

Jusqu'en 1914, l'implantation du socialisme s'avère très difficile sur cette terre réfractaire au collectivisme. Seul Paul Faure, du fait de sa renommée, parvient à obtenir de bons scores aux élections législatives de 1910 et de 1914 dans la circonscription de Périgueux. Il devient même conseiller municipal à Périgueux en 1912. Malgré cela, ce pays rural reste farouchement hostile à un parti qui prône la ligne révolutionnaire de la lutte de classe et préfère maintenir sa confiance aux partis politiques modérés, en particulier au Parti radical.

Durant la Grande Guerre, la fédération SFIO change radicalement de position sur l'attitude à adopter face à la guerre. Au début du conflit, le parti dans son ensemble, accablé par l'assassinat de Jean Jaurès, adhère pleinement au principe de "l'Union Sacrée" qui reconnaît la nécessité de Défense nationale face à l'armée allemande. Or, dès 1915, cette position est contestée par de nombreuses fédérations. Celle de la Dordogne va plus loin en rejetant l'idée même de la guerre. En effet, elle soutient le mouvement zimmerwaldien qui s'oppose à cette "guerre impérialiste". A la fin du conflit, nombreux sont ceux qui rejoignent les rangs socialistes pour "renverser la société bourgeoise et capitaliste". La fédération de Dordogne profite de cet engouement, surtout parmi les cheminots. Ces nouvelles recrues, dépourvues de la culture socialiste, constituent une dynamique favorable au ralliement à la IIIè Internationale.
 

Les temps difficiles de la scission de Tours

Après la première Guerre mondiale, la SFIO est traversée par un débat interne fondamental : faut-il se rallier à la IIIè Internationale communiste et ainsi adopter définitivement les thèses révolutionnaires ? En Dordogne, la fédération qui rassemble 1900 militants en 1920 (surtouts des cheminots), se prononce très clairement pour le ralliement et pour la prise de pouvoir sur le modèle bolchevique. En juin 1919, est créé le journal Le Prolétaire de la Dordogne qui réclame "l'épuration du parti" et l'adhésion à la nouvelle Internationale. Devant les difficultés économiques d'après-guerre, la profonde conviction de la grande majorité des socialistes périgourdins est claire : "Seule la Révolution peut amener un changement de régime et apporter le bien-être que le prolétariat a le droit de réclamer et même d'exiger !" comme le déclare Paul Loubradou, membre de la section de Bergerac. En juillet 1919, lors d'un congrès extraordinaire fédéral, la fédération, conduite par Paul Bouthonnier, vote à "l'unanimité" pour le ralliement immédiat à la IIIè Internationale. En 1919, l'élection du chef des socialistes révolutionnaires (Paul Bouthonnier) à la mairie de Périgueux, renforce cette tendance dans ses positions.

En 1920, lors du congrès de Tours qui consacre le ralliement à la IIIè Internationale, 95 % des militants périgourdins quittent la SFIO et adhèrent au Parti communiste, créé à cette occasion. Seuls quelques uns restent fidèles à la SFIO pour rebâtir la "vieille maison", célèbre formule de Léon Blum. Ainsi, la fédération socialiste de la Dordogne se retrouve totalement décimée par cette scission. Tout est à reconstruire.
 

Montée en puissance et Front Populaire

Les principaux artisans de la refondation de la SFIO sont le nouveau secrétaire fédéral, Clément Michel, et son adjoint, André Chatignon. La situation est critique. En 1923, la fédération ne compte que trois sections et 150 adhérents (410 en 1925). Outre cette faiblesse structurelle, son espace politique est très restreint entre un Parti radical tout-puissant dans les campagnes et un Parti communiste bien implanté en milieu urbain. Pour élargir cet espace, la SFIO décide de s'allier avec les radicaux en espérant absorber l'aile gauche de son électorat. Mais, l'influence de la SFIO reste limitée. Si Simounet gagne les municipales à Bergerac en 1925, la SFIO ne recueille que 10 % des voix aux législatives de 1928, 12 % à celles de 1932, sans avoir participé à celles de 1924. Seul Gaston Simounet parvient, lors d'une élection législative partielle à Bergerac, en 1930 et dans un contexte bien particulier, à devenir le premier député socialiste de la Dordogne. Aussi, au tournant des années 30, les socialistes périgourdins changent de stratégie selon un double mouvement qui peut paraître contradictoire dans un premier temps mais dont la logique s'affirme à moyen terme.

D'abord, la SFIO abandonne le discours marxiste intransigeant pour adopter un ton plus réformiste. L'objectif est de s'implanter en milieu rural et ainsi élargir la base électorale du parti. Pour cela, la fédération se dote, en 1930, d'un organe de presse, Le Populaire du Périgord qui devient en 1934 La Voix socialiste. Ce nouveau discours permet une amélioration des résultats et ceci d'autant plus que le vote radical régresse en raison des graves difficultés économiques que connaît le monde agricole. En 1935, pour la première fois, un socialiste remporte une élection cantonale. Il s'agit de Sylvain Bordas, agriculteur dans le canton de Savignac-les-Eglises. Ce recentrage politique de la SFIO est également illustré par les différentes élections de G. Simounet même si celles-ci se déroulent toujours dans un contexte bien particulier.

Ensuite, la SFIO modifie son système d'alliance électorale. Jusqu'à présent, l'alliance avec les radicaux ne s'est pas révélée payante. Aussi, dans le contexte de crise économique et de danger fasciste, un rapprochement s'opère avec les ennemis d'hier, les communistes. Cette nouvelle proximité va déboucher sur la formation du Front Populaire avec l'appui d'une partie des radicaux. La SFIO tire avantage de cette alliance. Dès 1935, un Comité départemental du Front Populaire est créé avec comme président Rocques, membre de la Ligue des Droits de l'Homme et du Citoyen. Suivant l'exemple national, ce comité fédère de nombreux comités cantonaux. Il invite les forces de gauche à une manifestation commune le 14 juillet 1935. Selon La Voix Socialiste qui titre "A l'appel du Front Populaire, la France républicaine et socialiste s'est dressée contre le fascisme", de 12 à 15 000 personnes défilent dans une "fièvre joyeuse" à Périgueux. Lors des législatives de 1936, la fédération périgourdine réalise son meilleur score avec 16,8 % des suffrages. Dans la seconde circonscription de Périgueux (cantons de Savignac-les-Eglises, Saint-Pierre de Chignac, Excideuil, Hautefort et Thenon), le candidat SFIO Camille Bedin est élu député. En 1940, il fera partie des 80 parlementaires qui refuseront de voter les pleins pouvoirs à Pétain.

A la fin des années 30, la SFIO s'est considérablement renforcée. En 1936, elle compte 1500 adhérents et 56 sections, surtout représentées dans le sud et l'est du département. A la veille de la guerre, la SFIO qui a fortement élargi son espace politique, est devenue un élément incontournable du paysage politique périgourdin.
 

L'émergence du socialisme comme force dominante à gauche

Le socialisme en Périgord, une idée qui poursuit son chemin...
De 1945 à l'avènement de la Vè République en 1958, quelques grandes tendances caractérisent l'évolution du paysage politique périgourdin. Après guerre, la tradition radicale reste toujours aussi forte et ses principaux représentants, Y. Delbos et G. Bonnet, maintiennent solidement leur position. Cependant, le Parti radical, miné par des querelles internes, perd progressivement de son audience et abandonne sa position dominante au sein de la gauche. Légitimé par son intense activité dans le maquis, le PC redevient une force politique importante. Mais, compte tenu de la situation nationale et internationale, le PC perd lui aussi de son audience même si celle-ci reste supérieure à la moyenne nationale. Contrebalançant le recul de ses deux partenaires de gauche, la SFIO se taille la part du lion, notamment en grignotant les positions radicales. Cette montée en puissance se réalise aussi grâce à la stature d'un homme, Robert Lacoste qui domine le mouvement socialiste de son autorité durant quarante ans.

Les succès des socialistes aux élections locales témoignent de leur bonne intégration dans la société périgourdine. Dès 1945, la SFIO devient majoritaire au Conseil général et gagne la Présidence avec l'appui des radicaux puis des communistes. Cette présidence est confiée au Dr Dupuy puis à R. Lacoste à partir de 1946. Concernant les Municipales, l'influence socialiste est variable selon l'évolution de la structure de l'électorat urbain. La SFIO conserve la mairie de Périgueux de 1945 à 1959 grâce à Pierre Pugnet. A Bergerac, il faut attendre la victoire de Louis Pimont en 1968 pour que cette ville revienne dans le giron socialiste. Elle y restera jusqu'à la défaite historique de 1995.

Les élections nationales montrent également la bonne implantation de la SFIO et de ses représentants. De 1945 à 1958, ont lieu cinq élections législatives au scrutin de liste départemental. Les résultats sont variables en fonction du contexte national. Mais, Robert Lacoste qui conduit la liste à tous les scrutins, est élu à chaque fois. En 1945, Jean Worms dit Germinal, et en 1951 André Pradeau, accompagnent R. Lacoste à l'Assemblée nationale. Les progrès de la SFIO débouchent sur l'élection d'un des siens au Sénat. En 1955, Georges Brégégère, secrétaire fédéral, est élu avec le radical Y. Delbos. Celui-ci décède en 1956 et est remplacé par un autre socialiste, Pierre Pugnet. L'élection de deux sénateurs socialistes confirme la perte de vitesse du radicalisme dans le Périgord profond.

Ainsi, de 1945 à 1958, la SFIO s'impose comme principale force à gauche, aux dépens des radicaux et du PC. Elle peut désormais régner en maître sur le département durant de longues années, avant d'être contestée cette fois-ci par la Droite.
 

1960-1990 : trente années de prééminence socialiste

Le socialisme en Périgord, une idée qui poursuit son chemin...
De 1958 au début des années 90, la SFIO qui devient le Parti socialiste en 1971, domine la vie politique périgourdine. Ainsi, le PS garde la présidence du Conseil général jusqu'en 1992. Durant cette période, malgré les relations conflictuelles au niveau national, les socialistes et communistes périgourdins font alliance et savent défendre ensemble leurs intérêts locaux.

Cette prééminence n'abrite pas les socialistes de quelques revers retentissants, liés parfois au contexte national. Par exemple, la SFIO perd la mairie de Périgueux en 1959 et ne peut empêcher l'élection de l'UNR Sicard à Bergerac. De même, elle ne compte aucun élu lors des législatives de 1958 et de 1968. Outre cette affirmation du PS, un autre élément structurant intervient en Dordogne : l'implantation du gaullisme avec la victoire d'Yves Guéna aux législatives de 1962 et aux municipales de Périgueux en 1971.

L'émergence de la force gaulliste bouleverse l'équilibre de l'échiquier politique périgourdin. Désormais, le débat Gauche/Droite prend le pas sur la compétition interne à la gauche, jusqu'içi principal enjeu des élections. Le PS tire profit de cette bipolarisation pour consolider sa prééminence à gauche.

Celle-ci s'affirme surtout dans deux circonscriptions qui offrent régulièrement des députés socialistes. Celle de Sarlat continue à élire Robert Lacoste de 1962 à 1968 et donne la victoire à Roland Dumas en 1988. C'est celle de Bergerac qui élit le plus régulièrement un candidat socialiste : L. Pimont de 1962 à 1968 et de 1973 à 1975, puis M. Manet de 1978 à 1980 et Michel Suchod de 1980 à 1986 puis de 1988 à 1993. Enfin, dans la circonscriptions de Périgueux, Roland Dumas est élu en 1981 face à Yves Guéna. Les élections sénatoriales permettent de mesurer profondément les rapports de force entre les formations politiques. Or, le PS tire son épingle du jeu avec l'élection de Georges Brégégère jusqu'en 1980, de Robert Lacoste de 1971 à 1980, de M. Manet et du secrétaire fédéral Lucien Delmas en 1980 puis de R. Roudier. En 1989, se produit une rupture dans l'équilibre des forces politiques avec l'élection d'Yves Guéna au Sénat.

L'élection d'un membre de l'opposition s'avère être le signe précurseur de l'écroulement de la forteresse socialiste. Celle-ci a lieu en trois. Tout commence en 1992 avec la perte du Conseil général. Cela se poursuit avec les législatives de 1993, les candidats de droite remportant tous les sièges et s'offrant même, grâce à la division des socialistes, un duel entre eux au second tour à Bergerac. Enfin, le dernier temps est la défaite aux municipales de Bergerac en 1995, ville pourtant historiquement à gauche.
 

Le temps du renouveau socialiste

Une époque s'est achevée, mais très vite, le Parti socialiste redresse la tête. Sous l'égide de Bernard Cazeau, les socialistes retrouvent la majorité au Conseil général en 1994, dans un contexte national pourtant extrêmement difficile. La reconstruction se poursuit grâce à une modernisation interne de la fédération et au renouvellement des responsables.

Ce travail porte ses fruits. Aux législatives de 1997, la Dordogne élit quatre députés de gauche dont deux socialistes (Michel Dasseux et Germinal Peiro). La fédération contribue ainsi à renforcer la majorité de Lionel Jospin à l'Assemblée Nationale. Dans la foulée et dans un contexte toujours favorable, 1998 restera comme une année charnière avec le renforcement de la majorité socialiste au Conseil Général , la nouvelle majorité de gauche en Aquitaine et la victoire d'un socialiste, Bernard Cazeau, aux élections sénatoriales.
 
 

Quelques grands personnages


Paul Faure : le pionnier du socialisme en Dordogne

Au début du XXè siècle, les premiers pas du socialisme périgourdin se confondent avec le parcours politique de Paul Faure.

Né à Périgueux en 1878, il réside à Grignols dont il devient maire en 1904. C'est alors, à l'âge de 24 ans, le plus jeune maire de France. Issu d'une famille de classe moyenne, il est très tôt sensibilisé aux affaires publiques puisque son père, avocat, est conseiller général. C'est à l'école de commerce de Bordeaux qu'il découvre l'idée socialiste. La lecture des écrits de J. Guesde et de P. Lafargue, lui permet de prendre conscience des conflits de classe et des nécessaires luttes révolutionnaires. Aussi, à l'âge de 23 ans, Paul Faure adhère au Parti ouvrier français. Il participe au Congrès de Reims en 1901 au cours duquel le Parti ouvrier français et le Parti socialiste révolutionnaire fusionnent pour former le Parti socialiste de France. Il devient ainsi l'homme qui implante le socialisme en Dordogne en créant, le 15 mai 1901, la première fédération socialiste locale. En 1905, il représente la Dordogne au Congrès d'union de Paris qui consacre la naissance de la SFIO, sur la base d'une doctrine de classe qui exclue toute participation à un gouvernement "bourgeois". En 1906, Paul Faure créé un hebdomadaire socialiste, Le Travailleur du Périgord qui, très vite devient Le Populaire du Centre, organe officiel des fédérations SFIO de la Corrèze, de la Haute-Vienne et de la Dordogne.

Jusqu'en 1914, Paul Faure est candidat socialiste aux législatives dans la première circonscription de Périgueux. Obtenant 7 % des voix en 1906, il permet aux idées socialistes de s'implanter grâce à un militantisme de tous les jours. En 1910 et 1914, il obtient près de 23 % des voix grâce au soutien du monde ouvrier, fortement représenté à Périgueux.

Après avoir lancé le socialisme en Dordogne, Paul Faure embrasse une carrière nationale au sein de la SFIO dont il devient le Secrétaire général en 1920. Sous sa conduite, la parti se reconstruit après la scission de Tours. Député de Saône-et-Loire, il est ministre d'Etat dans les gouvernements du Front Populaire. Mais, partisan des Accords de Munich en 1938 et de l'Armistice en 1940, il est exclu de la SFIO en 1944.

Malgré cette fin de carrière, ce Périgourdin a joué un rôle de premier plan et en Dordogne en créant la fédération socialiste et au niveau national en conduisant avec Léon Blum la construction d'un parti qui va jouer un rôle majeur au sein du Front Populaire.

Source : MAITRON Jean,
"Dictionnaire biographique du Mouvement ouvrier français", Les Editions Ouvrières, Paris, 1981.


 

Gaston Simounet : le premier député socialiste de la Dordogne

"Simounet" est un nom très connu, surtout à Bergerac, sans que l'on sache précisément quel a été le parcours de cette grande figure politique de l'entre-deux-guerres.

Originaire d'un milieu populaire, fils d'instituteur, Simounet est né en 1878 à Razac d'Eymet. Après avoir obtenu un doctorat de médecine à Bordeaux, il officie à Bergerac où, très vite, il devient le populaire "médecin des pauvres". Par ailleurs, il s'implique intensivement dans la vie associative et surtout dans la franc-maçonnerie.

Membre du Parti radical, conseiller municipal depuis 1912, il devient maire-adjoint de Bergerac en 1919. En 1923, à l'âge de 45 ans, il adhère à la SFIO. Les mauvaises langues, surtout radicales, l'accusent "d'opportunisme", les perspectives électives étant bien plus larges dans un parti en reconstruction que chez les Radicaux, parti très structuré dans lequel les prétendants sont nombreux. A partir de cette date, notre homme va défrayer la chronique et locale et nationale à l'occasion des élections municipales, législatives et de son parcours au sein de la SFIO.

Gaston Simounet est maire de Bergerac de 1925 à 1935. Si son élection est à chaque fois contestée, il restera un maire très populaire parmi les Bergaracois pour son action.

Aux municipales de 1925, le socialiste fait sensation en s'alliant dès le premier tour avec les modérés conservateurs contre les radicaux. Malgré les accusations de "trahison", il gagne les élections et reproduit avec succès la même opération aux municipales de 1929. Inutile de dire qu'à chaque fois, le cas de Bergerac fait grand bruit dans tout le département. Mais, cela n'est rien en comparaison de l'élection législative partielle de 1930 au cours de laquelle le cas de Bergerac devient une Affaire nationale...

A l'issue du premier tour, au terme d'une campagne très mouvementée, le candidat socialiste est devancé par le radical Quennesson, maire de Sigoulès, et même par le conservateur Morand-Monteil. Au mépris du traditionnel désistement "Républicain", Simounet et la section socialiste décident leur maintien au second tour : stupeur dans les états-majors politiques, les journaux nationaux s'emparent du caractère inédit de cette élection partielle, les grands leaders de gauche, à commencer par Blum, exigent le retrait du socialiste. Or, Simounet se maintient et gagne son pari. Avec l'aide incontestable des voix modérées, il devient le premier député socialiste de la Dordogne. Le journal socialiste local, La Vérité (Pravda en Russe), parle d'une émotion populaire sans précédant à Bergerac au soir de la victoire. Simounet renouvelle le même schéma en 1932 et reste Député du Bergeracois jusqu'en 1936. Si son parcours électoral défraie la chronique, son évolution au sein des socialistes est tout aussi rocambolesque.

Dans les années 20, Simounet appartient à l'aile modérée de la SFIO qui prône la participation au gouvernement contre la ligne du parti qui défend le soutien aux gouvernements radicaux mais sans ministres socialistes. En 1933, cette minorité, conduite par Marquet et Déat, fait scission et fonde le "néo-socialisme" dont Simounet est le représentant en Dordogne. Cependant, contrairement à ces derniers, il ne dérive pas vers l'Extrême-Droite et se rallie au Rassemblement populaire dès 1934. La gauche n'a pas accepté son parcours sinueux. Le socialiste Moulinier devient Maire en 1935 et le communiste Loubradou Député en 1936.

C'est la fin d'une carrière contrastée et contestée d'un homme qui a toujours fait parler de lui, et pas seulement sur le plan politique. Grande émotion à Bergerac en 1932 : le Député-Maire épouse à l'âge de 54 ans une jeune fille de 19 ans et pas n'importe laquelle, Miss France 1932. Décidément, à Bergerac, rien ne se passe comme ailleurs et ça ne date pas d'hier...

Source : Le Journal du Périgord

 

Robert Lacoste : l'homme fort du département durant les "Trente Glorieuses"

De tous les responsables socialistes périgourdins, Robert Lacoste est sans aucun doute celui qui a le plus marqué son temps : membre du Gouvernement provisoire du Général de Gaulle en 1944, 17 fois ministre et Président du Conseil général pendant trente ans. Cependant, ce parcours exemplaire est jalonné des zone d'ombre qui font de cet homme typique de la IVè République un des personnages contestés de l'histoire politique nationale.

Né à Azérat en 1898 dans le Périgord Noir, fils d'ouvrier du chemin de fer, il étudie le droit à Paris où il s'installe durant l'Entre-Deux-guerres. Travaillant dans l'administration, il devient secrétaire de la Fédération nationale des fonctionnaires avant d'appartenir à la direction nationale de la CGT. Durant la guerre, son intense activité dans la Résistance fait de lui le ministre de la Production industrielle dans le gouvernement du Général de Gaulle. A ce titre, il oeuvre à la grande vague de nationalisations. Le Général parti, il occupe le portefeuille de l'Industrie jusqu'en 1950 et fait face, parfois durement, aux grandes grèves ouvrières d'après-guerre.

Son intense activité au sein du gouvernement est facilitée par une implantation électorale extrêmement rapide, notamment grâce à un fidèle relais local, René Caille, Secrétaire fédéral de la SFIO, qui a succédé à Thérèse Espinalet. En 1945, il devient maire d'Azérat (jusqu'en 1982) puis conseiller général du canton de Thenon (jusqu'en 1979). Toujours en 1945, il est élu Député et le restera en permanence jusqu'en 1968 mise à part la législature 1958-1962. Surtout, il devient en avril 1946 Président du Conseil général de la Dordogne en succédant au Docteur Dupuy, maire et conseiller général de Villamblard. Il va occuper ce siège jusqu'en mars 1979, soit 33 années de présidence...

Confortablement implanté localement, la carrière nationale de Lacoste se poursuit. Vice-président de l'Assemblée nationale durant 10 ans, membre permanent de la Commission des Finances, il devient ministre des Affaires économiques dans le premier gouvernement Mollet. La carrière politique du Périgourdin, jusque là fulgurante, prend un tournant en 1956 : il est nommé Ministre-résident en Algérie avec pour mission de rétablir l'ordre. Durant deux années, il défend la politique de l'Algérie française avec poigne et obtient l'envoi de soldats pour "pacifier" le pays. Lacoste ne voit pas la guerre arriver...1958, c'est la chute de la IVème République et la fin de la carrière nationale d'un homme fortement critiqué pour son passage à Alger. D'ailleurs, pour la première fois depuis 1945, il est battu aux législatives de 1958 à Sarlat. 

En demi-retraite, Lacoste se consacre entièrement à la Dordogne et à son développement économique. Il est aussi membre du Conseil économique et social. Il retrouve très vite son poste de député en 1962 avec plus de 60 % des voix. Réélu en 1967, il subit une nouvelle défaite en 1968. Du coup, en 1971 (73 ans), il entre au Sénat avec son collègue Brégégère. Il préside le Conseil général jusqu'en mars 1979, à l'âge de 81 ans, remplacé par le Maire de Bergerac, Michel Manet. Robert Lacoste se replie sur Azérat où il meurt le 8 mars 1989.

Au regard de l'Histoire, le nom de Robert Lacoste reste attaché à son action en Algérie qui provoque, comme l'affirme Jacques Lagrange, une certaine "gêne" à l'évocation de son nom. Cependant, il a été également l'homme du redressement économique du pays de 1944 à 1950 et le Président du Conseil général durant les "30 Glorieuses". Homme politique doué au franc parler, petit et "tout en rondeurs", très proche des gens, Robert Lacoste restera l'homme politique type du Périgord, détenant tous les pouvoirs. Il avait une conception de la politique ancienne, voire archaïque vue d'aujourd'hui, mais qui collait à son époque : il a été le "patron" de la Dordogne pendant près de 40 ans...

Source : LAGRANGE Jacques,
"Robert Lacoste, du Périgord et de l'Algérie (1898-1989)", Pilote 24, Périgueux, 1998.


 

Suzanne Lacore : la première femme membre d'un gouvernement de la France

"Quel beau et long parcours que celui de Suzanne Lacore !" s'exclame Anne-Marie Cocula au regard de la vie de cette modeste institutrice du Périgord profond devenue un jour membre du gouvernement du Front Populaire à une époque où les femmes n'ont pas le droit de vote. Ce "bout de femme" reste dans le coeur de tous, en particulier des socialistes périgourdins, comme un repère spirituel, une référence morale, un modèle de fidélité à des idées et de dévouement au service des autres. "Suzon" est bien le mythe périgourdin dont les socialistes doivent se nourir pour maintenir leur identité.

Suzanne est née en 1875 en Corrèze où vit la famille Lacore (6 enfants). Mais, à la mort du père en 1882 (elle n'a que six ans et demi), la famille s'installe à Ajat, dans le canton de Thenon. Là, sa mère Marie se remarie avec un cultivateur et peut élever ses désormais neuf enfants dans un milieu plutôt aisé. Après des études à l'Ecole normale de Périgueux et un premier poste dans la région, elle accomplit son rêve et enseigne dans son village d'enfance, Ajat.

Très attachée à la laïcité et, comme le dit B. Dougnac, témoin des conditions de vie très difficiles des paysans qui l'entourent, Suzanne décide d'agir et adhère à la SFIO en 1906, à l'âge de 31 ans. Militante active et passionnée, elle est dans la fédération la seule adhérente-femme jusqu'en 1914. Dans le journal socialiste Le Travailleur du Périgord, ses articles portent essentiellement sur la justice sociale, l'éducation pour tous et la cause des femmes. Elle prononce son premier discours sur le thème "les femmes et le socialisme" lors du congrès de Bergerac en juin 1911. De plus, elle appartient au modeste groupe de militantes qui créé en 1913 le Groupe des femmes socialistes au sein de la SFIO.

Fortement attachée aux idées socialistes, elle appartient à la forte minorité de militants qui, en Dordogne, réfute la scission communiste et reste fidèle à la "vieille maison" et à la culture socialiste. En 1930, à l'âge de 55 ans, Suzon prend sa retraite et consacre tout son temps à la promotion de son idéal. Elle multiplie les écrits et s'implique totalement dans la vie du parti. Cette vie toute entière dévouée aux autres (elle n'est pas mariée) trouve sa consécration avec sa nomination au gouvernement du Front Populaire en 1936.

Aux côtés de deux autres femmes non socialistes, c'est la première fois dans l'histoire politique de notre pays que des Femmes entrent dans un gouvernement. Suzanne est nommée Sous-secrétaire d'Etat à la Protection de l'enfance, domaine qu'elle connaît particulièrement bien. Avec efficacité, elle oeuvre pour l'enfance malheureuse et abandonnée, pour la création de cantines dans les écoles. Son action est reconnue de tous, en particulier des Périgourdins comme en témoigne l'accueil qu'ils lui réservent lors d'un déplacement officiel à Périgueux. Quel destin!

Après guerre, elle poursuit le combat pour ses idées qu'elle expose dans la brochure L'émancipation des Femmes (1945) et dans son livre Enfance d'abord (1960). Toute sa vie, Suzanne a lutté pour l'engagement des femmes en politique. L'idée progresse très timidement, içi comme ailleurs. En Dordogne, il faut attendre les années 50 pour assister à l'élection de la première conseillère générale, la bergeracoise Germaine Morize.

Juste après avoir été décorée de la Croix d'Officier de la Légion d'honneur, Suzon s'éteint le 6 novembre 1975, à l'âge de 100 ans. "Quel beau et long parcours" que celui de Suzanne Lacore!

Source : DOUGNAC Bernard, 
"Suzanne Lacore", Editions Fanlac, Périgueux, 1996


 

François Mitterrand et la Dordogne : l'histoire d'une passion

La Dordogne a toujours fait preuve d'une grande fidélité à l'égard de François Mitterrand. Un lien très fort, presque filial, unit les Périgourdins à ce personnage romanesque. D'ailleurs, il aimait venir dans la région, rendre visite à son ami Maurice Faure. Enfant, il venait aussi passer ses vacances en famille dans le nord-ouest du département.

Cet attachement tient évidemment à des choix politiques mais aussi aux qualités humaines de l'homme. Ce terrien originaire du centre de la France, ce patriarche qui savait parler simplement et être proche des gens, avait tous les atouts nécessaires pour séduire les Périgourdins. Lors des élections, le soutien de ces derniers ne lui a jamais fait défaut. Dès les Présidentielles de 1965, François Mitterrand recueille en Dordogne 53 % des suffrages alors que le Général de Gaulle est élu avec 55 % des voix. En 1974, le candidat de la gauche obtient 55 % des voix en Périgord. En 1981, ce département adhère amplement à la vague rose et accorde 58 % de ses suffrages au candidat socialiste. Enfin, en 1988, le score de Mitterrand est une nouvelle fois supérieur en Dordogne avec 56,62 % des voix au second tour. 

Que ce soit en tant que chef de l'opposition ou Président de la République, ses venues en Dordogne ont toujours suscité beaucoup d'émotion chez les militants socialistes, fiers de voir celui qu'ils considèrent comme un des leurs porter haut et fort leurs espoirs et les couleurs de la gauche. Oui, la Dordogne est une terre fidèle à François Mitterrand parce qu'elle fait siens les valeurs et le message politique défendus par un homme dont le souvenir est gravé à jamais dans nos mémoires.

 

Lionel Jospin et le Bergeracois : une occasion manquée

Voici un épisode peu connu de la vie politique locale que j'ai découvert à la lecture de la biographie intitulée Lionel Jospin, l'Héritier rebelle, écrite par Gérard Leclerc et Florence Muracciole, aux éditions J-C. Lattès, publiée en 1996.

En 1975, Lionel Jospin qui vient d'entrer au Parti socialiste, travaille aux côtés de François Mitterrand au siège national mais sans être implanté localement. Aussi, François Mitterrand encourage son poulain à se soumettre au verdict du suffrage universel, de préférence en province. Il lui conseille même la circonscription de Bergerac, terre de tradition radicale-socialiste. Ses biographes racontent la suite à la page 60 : "La route, en 2 CV, jusqu'à Bergerac lui paraît bien longue. Mais, il s'en acquitte. Il est plutôt bien reçu et, après s'être inscrit à la section du PS, fait le tour de la circonscription avec un rugbyman local, sympathisant socialiste". D'après le témoignage de ce rugbyman, Lionel Jospin n'a pas eu réellement le temps de s'inscrire à la section de Bergerac. Après le décès de Louis Pimont en 1975 (Jospin aurait été présent aux obsèques), son éventuelle implantation fait grincer quelques dents et se heurte aux ambitions locales. Du coup, Lionel Jospin est reparti assez vite dans le XVIIIè arrondissement de Paris dont il devient le député en 1978.

Cet épisode restera comme celui d'une occasion manquée dans cette région périgourdine où tout paraît si compliqué... politiquement !

 

Bibliographie

- DOUGNAC Bernard, Suzanne Lacore, Editions Fanlac, Périgueux, 1996

- FAYOLLE Gérard, 50 ans de batailles politiques, Editions Fanlac, Périgueux, 1997

- GALY Jean-Marie, Le Périgord dans la course au Parlement (1936-1986), Autoédition, Périgueux, 1987

- LAGRANGE Jacques, Robert Lacoste, du Périgord et de l'Algérie (1898-1989), Pilote 24, Périgueux, 1998

- CATHUS Christophe, Le mouvement socialiste en Dordogne (1918-1939), Maîtrise d'Histoire, Université de Bordeaux III, 1994

- MAITRON Jean, Dictionnaire biographique du Mouvement ouvrier français, Les Editions Ouvrières, Paris, 1981

Toutes les photos proviennent des Archives Départementales de la Dordogne


 

L'histoire du Parti socialiste en France


Fédération De la Dordogne