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Le discours de Michel Rocard de 1993 toujours d’actualité.
Les propos de Michel Rocard tirés de son dernier ouvrage « Si ça vous amuse » semblent toujours d’actualité et mérite une analyse….et c’était en 1993 !.
Jean Dessagnes « Chapitre 13 : Il y a une vie après Matignon …En prévision des élections législatives de mars 1993, qui me semblent devoir être gravement défavorablement à la gauche, je tente, dans un discours prononcé le 13 février, de donner une cohésion au parti. En voici quelques extraits : » En 1905, Jaurès créait le premier Parti dans lequel se sont réunis les socialistes. En 1920, ici même, à Tours, naissait sous les auspices de Blum un nouveau parti pour le socialisme démocratique. Celui-ci s’est effondré en juin 1940, La Résistance allait ébaucher une troisième formation qui prendrait sa forme durable après la libération et sous Guy Mollet. Entré en léthargie dans les années 1960, ce parti-là laissait la place d’abord à l’esquisse tentée par Alain Savary puis finalement, au Parti socialiste créé par François Mitterrand. Que s’est-il passé à chacun de ces changements ? Ce fut la rencontre entre trois éléments : le monde avait changé, ce changement entraînait des ruptures, ces ruptures se faisaient dans la fidélité à certaines valeurs. Le monde n’était plus le même après la première guerre mondiale et la révolution d’octobre. Le monde n’était plus le même après la seconde guerre mondiale. Le monde avait encore changé, moins violemment, après la fin des guerres coloniales puis de la grande croissance. Alors et vous voyez parfaitement où je veux en venir : le monde d’aujourd’hui n’est plus le même que celui de l’époque d’Epinay 1905, 1920, 1946, 1971, c’est dans cette lignée que devra figurer 1993. Avec le même courage que nos prédécesseurs, avec la même fidélité, je vous invite aussi à une rupture pour, comme eux, accomplir une renaissance. La représentation spontanée que chaque individu a de la société a changé. La perception même d’un intérêt général se dilue jusqu’à disparaître, Elles se résument dans une sorte désir vaguement désespéré de reconnaissance : « On ne nous écoute pas, on ne nous comprend pas. » C’est cela qui explique partout en Europe, la remise en cause des partis et formations traditionnelles. C’est cela qui explique en France, le succès d’opinion des écologistes. Ne nous y trompons pas, et qu’eux-mêmes ne s’y trompent pas non plus : s’ils rencontrent un large écho chez les français, ce n’est pas seulement parce que ceux-ci ont pris conscience du respect, nécessaire de la nature, c’est je crois, pour une raison plus profonde encore. Quand les français ne peuvent plus trouver les ressorts de leur identité dans une classe sociale, ni dans une religion, ni dans même dans un une catégorie professionnelle, ni dans une génération, ni même dans un niveau de revenu, que leur reste-t-il pour s’identifier, en bien ou en mal, tantôt pour le changer, tantôt pour le conserver à tout prix. L’environnement n’est donc pas seulement la nature et sa charge de chlorophylle, c’est avant tout une histoire sociale avec sa charge de problèmes. Socialiste, je suis depuis toujours et socialiste je mourrai. C’est ainsi que je définis ce à quoi je crois. Mais ce qui est un élément de confusion sur le plan collectif. Dans parti socialiste, il y a parti et socialiste, or chacun de ces termes doit aujourd’hui être reconstruit. Le nom même du socialisme s’est forgé dans une conception du monde fondée tout entière sur des rapports de production, sur des rapports de classes qui ont cessé d’être les seuls fondements de l’action politique. Etre fidèle aujourd’hui, c’est prendre acte de ce fait. Mais que dire du parti lui-même ? Qui peut croire qu’il pourra demeurer une société close attachée à ses rites, pratiquant les querelles de chapelles ou les luttes de courant et prétendant offrir à l’intérieur un discours monolithique par rapport auquel tout désaccord est un drame, toute déviation un sacrilège et n’acceptant d’alliés que dans la soumission ? Ce dont nous avons besoin, ce à quoi je vous appelle, c’est un mouvement ouvert et moderne, extraverti, riche, de sa diversité et même l’encourageant. Un mouvement qui fédère tous ceux qui partagent les mêmes valeurs de solidarité, le même objectif de transformation. IL s’étendra à tout ce que l’écologie compte de réformateur, tout ce que le centrisme compte de fidèle à une tradition sociale, tout ce le communisme compte de véritablement rénovateur, et tout ce que les droits de l’homme comptent aujourd’hui de militants actifs et généreux. » Pour moi ce discours reste toujours d’actualité. Se battre contre le sectarisme, éviter les querelles de personnes, choisir en fonction de la qualité des projets proposés et non de leur appartenance à tel ou tel courant me parait fondateur d’une vision rénovée et ouverte de la politique» Source : http://lalinde.parti-socialiste.fr/2010/12/09/le-d... |
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