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L’agriculture : service public !Par Patrick Bel,Secrétaire fédéral au développement durable
Comme l’évoque Germinal Peiro dans sa dernière vidéo, il faut relocaliser l’agriculture. Vaste programme et j’y adhère à 100 % en allant même plus loin dans cette logique avec l’idée d’un assolement raisonné sur le territoire national. Je préfère parler d’assolement plutôt que de planification pour ne pas faire hurler les tenants de la liberté de produire. Les libéraux en somme !!! D’ailleurs je leur pose une question : où est la liberté quand on fonce tête baissée vers de graves problèmes économiques ? Etre surchargé d’emprunts ne me paraît pas être un plan de gestion viable et surtout pas un but dans la vie…
J’ai été pendant 10 ans technicien agricole dans un département (le Lot et Garonne) où la concurrence des productions faisait rage. Pas de limite, tout était possible partout, des investissements énormes (soutenus, souvent sans discernement, par une célèbre banque agricole et le syndicat majoritaire)…Bref et je pèse mes mots, le chaos ! La fuite en avant. Ah, elle est belle la liberté. Des centaines de milliers d’euros pour pouvoir produire des fruits et légumes en hiver, et des champignons quand il fait sec !!! De l’intensif irraisonné pour faire « vivre » des dizaines et des dizaines d’animaux sur un petit espace. Des recherches pour que les tomates soient plus rouges, les pommes plus rondes, les salades plus vertes. Des essais pour faire des prairies dans le sable, du tabac sur des pierres, des kiwis là où il gèle …Que d’énergie dépensée pour des solutions à court terme en dehors de toute logique pédoclimatique.
L’incohérence de ce système a malheureusement laissé des traces indélébiles en matière écologique mais surtout dans les têtes car encore, beaucoup s’accrochent à l’espoir d’exister dans un marché dérégulé. Un système incohérent qui prône à la fois la liberté de produire sans contrainte et l’intervention de l’Etat (et de l’Europe)
Et pourtant nos agriculteurs nous nourrissent. Leurs présences en nombre et sur l’ensemble du territoire ne se discutent pas et doit même faire partie des priorités d’un Etat. J’ose l’évocation d’une agriculture service public comme devrait l’être la gestion de l’eau car il s’agit là de besoins vitaux et incontournables.
Et oui, un agriculteur fonctionnaire car garant de la production de produits de premières nécessités (indispensable dans la chaîne de la vie), garant de l’aménagement du territoire (indispensable à l’équilibre national), garant de la qualité alimentaire (indispensable au développement durable). Alors parlons en de ce nouveau service public avec un foncier (l’outil de travail) propriété de l’Etat et une production adaptée aux conditions climatiques implantées sur les bons sols. |
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