L’adaptation du lycée à son époque

Dossier réforme du lycée - Partie 3
Par Cédric Brun , Secrétaire fédéral




L’adaptation du lycée à son époque
Si toutes ces vraies questions ne sont pas abordées par cette réforme, il nous offre en revanche un volet essentiellement cosmétique concernant l’adaptation du lycée à son époque en proposant (1) de développer l’apprentissage des langues étrangères (par un travail en groupes de compétences, grâce aux nouvelles technologies, par des enseignements en langues étrangères, par la promotion des partenariats européens avec des établissements étrangers et par les séjours linguistiques), (2) de faire entrer le monde de la culture dans les lycées (par l’introduction d’un référent culture dans chaque lycée, la création d’un service de vidéo à la demande dans les établissements et la diffusion de manifestations culturelles via les nouvelles technologies) et (3) de réaménager les instances étudiantes dans la vie lycéenne (Bureau de la vie lycéenne, formation des délégués de classe, favoriser la création et la gestion d’associations par les lycéens).

L’adaptation du lycée à son époque
Là encore, on peut remarquer que ces objectifs sont sans aucun doute louables, mais comment peut-on croire que l’enseignement des langues étrangères en groupes de compétences pourra se faire sans enseignants formés en nombre suffisant ? Quant aux cours de disciplines non linguistiques en langues étrangères qu’il s’agit de développer, comment convaincre les enseignants d’histoire-géographie ou de science d’enseigner en Anglais ou en Espagnol s’ils doivent se former seuls et assumer un surcroit de travail sans contrepartie (décharge horaire, valorisation salariale, par exemple). Le programme Comenius qui permet les partenariats européens en entre établissements d’enseignement primaire et secondaire dans toute l’Europe existe déjà, mais la charge de travail du montage d’un projet européen n’est pas, non plus pris en compte par les établissements faute de moyens humains. Si tous les enseignants doivent être à plein temps devant leur classe on peut difficilement leur demander de monter des projets lourds qui supposent des temps de conception pédagogique des projets et de concertation avec les parties prenantes. Si la culture n’est pas assez présente dans les lycées c’est avant tout parce que les enseignants n’ont plus toujours le temps et parfois la reconnaissance qui leur permettait autrefois d’encadrer des activités extrascolaires. Là encore, les partenariats public-privé se révèlent l’horizon de cette réforme, faisons entrer l’industrie culturelle au lycée, cela adaptera sans doute le lycée à son époque...

L’adaptation du lycée à son époque
Les mesures annoncées ne méritent pas d’être qualifiées de « réforme ». Même si la stratégie des petits pas n’est pas mauvaise en soi, encore faut-il savoir où l’on va ! Depuis le début de la mandature de Nicolas Sarkozy, le projet éducatif pour la France est en panne, il a été remplacé par un plan comptable et par des effets d’annonce sur des propositions désordonnées et sans ambition et l’on peut sérieusement douter de leur efficacité et se demander si elles seront à la mesure des enjeux. Au fond, on le voit, cette « réforme » n’est en fait qu’un saupoudrage de généralités, de vœux pieux qui ne modifient en rien la structure actuelle du lycée et qui ne permettra sans doute pas de palier à ses défauts. Et, cerise sur le gâteau, alors que le Président de la République affirme que la création des Lycées en 1802 symbolise « la fin des privilèges de la naissance », la réalité démontre quotidiennement aux Français, et avec encore plus de cruauté depuis la tentative de nomination de Jean Sarkozy à la tête de l'EPAD, que la promesse républicaine d'égalité réelle entre tous s'éloigne un peu plus chaque jour avec l'Etat UMP.





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