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Inquiétudes pour les retraites des mères de famillesDossier par Colette Langlade et Mireille Volpato
Non à la remise en cause des retraites des mères de famille !
C'est bien sur en plein mois d'août que le gouvernement annonce sa volonté de remettre en cause les "avantages" liés aux retraites des mères de famille, salariées du privé : c'est à dire la suppression des trimestres bonus accordés par enfant élevé (de un à huit trimestres) qui permettent non de partir plus tôt mais de bénéficier d'une indemnité à peine plus élevée. Il serait subitement devenu urgent d'assurer l'égalité de traitement entre les hommes et les femmes et de se conformer à une directive de la Cour de Cassation. Rappelons que cet acquis social - la Majoration de Durée d'Assurance - destiné aux mères de familles en matière de retraite, a été mis en place pour compenser les inégalités entre les hommes et les femmes face à la retraite et compenser les baisses d'activité liées à la maternité. Rappelons aussi que ces inégalités existent toujours voire s'accentuent : - ce sont encore à près de 80 % les femmes qui prennent en charge l'éducation des enfants, - le taux d'activité des femmes décroche avec l'arrivée des enfants : 73 % avec 1 enfant, 64 % avec 2 et 40 % pour 3 enfants et plus, - 31 % des femmes sont à temps partiel (les hommes 6 %) -une femme touche, en moyenne, un salaire inférieur aux hommes de 20 % et une retraite inférieure de 40% - les 2/3 des salariés à bas salaires sont des femmes - en 2004, seulement 44 % des femmes retraitées ont validé une carrière complète contre 86 % des hommes et elles ont pris leur retraite 2 ans plus tard. Alors invoquer l'égalité pour supprimer cet acquis n'est que de la tartufferie ! Et nous devons nous y opposer avec force. Comme toujours avec ce gouvernement, c'est un débat tronqué : il s'agit à la fois de démanteler l'ensemble des "avantages " acquis, de niveler par le bas mais aussi de diviser les français en prenant un bouc émissaire. Après le privé contre le public, les travailleurs contre les chômeurs, les classes moyennes contre les pauvres...aujourd'hui ce sont les femmes contre les hommes ! Mais surtout ne pas toucher au bouclier fiscal ni aux milliards donnés aux banquiers pour qu"ils continuent à spéculer et à se gaver ! Si l'on veut combattre les inégalités et vraiment établir de l'égalité, il faut tout revoir de fond en comble: l'emploi des femmes, les inégalités professionnelles, les congés parentaux, la promotion des carrières mais aussi le développement d"un service public adapté de garde d'enfants, de soin aux personnes âgées... C'est aussi pénaliser les employeurs qui imposent le temps partiel et compenser pour tous, hommes et femmes les périodes de baisse d'activité pour élever les enfants : égaliser par le haut ! Mireille VOLPATO Secrétaire fédérale Santé, Affaires sociales et logement
Colette Langlade inquiète pour les retraites des mères de famille
Le ministère du travail souhaite insérer dans le projet de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2010 la réforme des avantages accordés aux mères en matière de retraite. Depuis 1924, il existe un système de bonification dans la fonction publique pour les femmes ayant des enfants. Depuis 1971, les mères salariées du secteur privé bénéficient d’une majoration de durée d’assurance (MDA) qui peut aller jusqu’à 8 trimestres. En 2003, la droite a déjà revu à la baisse les bonifications pour la retraite des mères fonctionnaires, passant de 2 ans à 6 mois, pour les offrir à égalité aux fonctionnaires pères de famille. Un arrêt de la Cour de cassation du 19 février dernier a accordé le bénéfice des MDA à un père salarié du privé, au motif de l’égalité homme-femme. Soucieux de limiter les réclamations des hommes et donc de limiter les dépenses, le Gouvernement s’engouffre aujourd’hui dans la brèche pour s’attaquer aux retraites des mères de famille salariées du privé. Ces bonifications accordées aux mères viennent compenser non seulement les inégalités homme-femme face à la retraite (pension inférieure de 40%) mais aussi celles rencontrées tout au long de leur vie professionnelle : salaire en moyenne 27% inférieur à celui des hommes, taux de chômage plus élevé, temps partiel plus important, moins de postes de cadres. De plus, les mères sont 35% à cesser ou réduire leur activité après une naissance contre 1,5% des pères. Sans occulter la prise en compte de la paternité dans le calcul des droits à la retraite des hommes, Colette Langlade défend pour les femmes le droit à la majoration de durée d’assurance qui ne doit en aucun cas être remis en cause ou réduit. La députée craint, à travers cette nouvelle réforme, que les femmes soient davantage pénalisées dans le monde du travail et que les inégalités soient accentuées, sous couvert de plus … d’égalité. Colette Langlade interpelle donc dès aujourd’hui le ministre du travail sur ce sujet. |
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