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Et si à gauche, on reparlait culture !
Par Pierre Ouzeau,
secrétaire fédéral de la Dordogne chargé de la culture, du sport et de la jeunesse
C’est suffisamment rare pour être souligné mais le Conseil Constitutionnel a censuré en juin le dispositif de sanction de la loi HADOPI.
Cette décision s’ajoute à celle du parlement Européen qui avait déjà tranché en estimant qu’en aucun cas une autorité administrative ne peut décider seule de couper l’accès à internet. En d’autres termes, seule la justice doit juger et donc sanctionner. Cela tombe sous le sens ! Le gouvernement subit là un double revers et conforte les socialistes dans le bien-fondé des recours déposés par ses parlementaires. Aujourd’hui, nous devons continuer à formuler des propositions dont les objectifs sont le financement de la culture et la préservation des libertés des internautes. Depuis plusieurs années, le téléchargement illégal nuit considérablement aux artistes. Notre premier devoir est celui de la pédagogie : nous devons faire prendre conscience aux internautes que la création artistique, notamment musicale et cinématographique, ne peut se développer sans argent. L’art est au service de la vie et sa fonction essentielle est de donner la preuve du pouvoir de liberté dont l’homme ne saurait se passer. En outre, c’est aussi un vecteur de communication. Il est donc primordial de trouver les financements nécessaires à la pérennisation de la création. Les ressources sont multiples : elles proviennent des collectivités, du mécénat et en premier lieu des citoyens. L’Etat, les Régions, les Départements et les communes consacrent des budgets à la culture. Malheureusement nous constatons depuis plusieurs années que l’Etat n’intervient plus de façon significative dans les projets artistiques et n’a donc, et c’est un réel danger, pas les moyens d’imposer sa politique. Il faut donc augmenter le budget de la culture pour aider la création, pas seulement à Paris, même s’il est nécessaire que Paris rayonne dans le monde, mais aussi en province car c’est toute la France qui doit rayonner. En zone rurale, les principaux bailleurs de fonds sont les Départements et bien qu’ils n’en aient pas la compétence, c’est grâce à leur soutien que les manifestations réussissent. Les communes ont plus ou moins les moyens, suivant leur taille, et s’en donnent plus ou moins les moyens suivant leur volonté politique. Trop peu des communautés de communes se dotent de la compétence culture : il faut les encourager à aller dans ce sens afin de mutualiser les moyens et de permettre aux plus petites d’organiser des manifestations culturelles. Le mécénat est encore trop peu connu et les démarches parfois trop compliquées pour des petites et moyennes entreprises. Il nous faut les informer, les aider dans leur recherche, les conseiller et renforcer les dispositifs existants afin de les inciter à prendre une part plus importante dans le soutien à la création. Enfin, concernant le citoyen lambda, il faut comprendre que le téléchargement est un moyen pour accéder à la culture. Internet est pour cela un outil rapide, moderne et offrant un choix illimité. En ce sens, il faut favoriser l’accès au numérique en incitant fortement les opérateurs à équiper toutes les régions de France et notamment les zones rurales très mal desservies. Le piratage tient en partie au fait que les produits culturels sont à des coûts trop élevés. Il faut donc rechercher des solutions qui permettent de faire baisser considérablement les prix. Pour schématiser, peut-être faut-il mieux vendre 4 CD’s à 5 euros plutôt qu’un seul à 20 euros ! A l’ère du numérique, il faut multiplier et vulgariser l’offre légale. Dans un même temps, il faut développer les technologies de protections des contenus. Dans le secteur musical tout comme celui du cinéma, tous deux très touchés depuis dix ans, il faut augmenter les aides publiques et développer des instruments fiscaux. Pour cela, il faut commencer par défendre l’exception culturelle au niveau Européen en empêchant la direction de la concurrence de remettre en cause le système Français en assimilant les aides à des subventions indirectes aux industries. Il faut privilégier l’avance sur recette qui est basée sur des critères artistiques plutôt que l’aide automatique qui favorise les films qui rencontrent, et c’est tant mieux, un succès public. Il faut que les télévisions fassent une place plus importante à la diffusion, donc à l’achat, de films cinématographiques. Cette crise du secteur artistique gagne du terrain. Nous socialistes, ne pouvons la laisser s’aggraver car les conséquences seront non seulement économiques mais elles toucheront notre environnement culturel en l’appauvrissant. Il y a là, sans exagération, un danger qui pèse lourdement sur l’émancipation de notre société. Le Parti Socialiste organise à la rentrée des assises de la culture. Nous souhaitons ardemment qu’un grand chantier de réflexion se mette en place pour aboutir à des propositions fortes, concrètes et symboliques en direction des artistes et du public. Nous souhaitons que la Culture retrouve une place de premier rang dans notre action politique.
Et vous, qu’en pensez-vous ?
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