Et au fait ! La parité...



Et au fait ! La parité...
Commission aux Droits des Femmes de la Fédération de la Dordogne Rencontre du 2 juillet 2011 : Communication de Danielle Bel-Charrut, suppléante de Jacques Monmarson conseiller général du canton de Saint-Astier.

Sur mon expérience de suppléante :

Mon titulaire étant très investi dans son mandat et très présent sur le terrain, j'ai eu très peu l'occasion d'être une suppléante active.

Ma participation de suppléante du conseiller général se résume en fait à une participation passive aux trois réunions annuelles des maires du canton.

Mais, j'y approfondis ma connaissance de l'action du Conseil Général pour les communes, une facette des choix politiques de la gestion départementale.

La rencontre et l'écoute des maires m’intéressent particulièrement : leur engagement, leurs préoccupations, leurs difficultés, la nécessité du pragmatisme politique.

Cependant, je suis frustrée par mon inutilité évidente...

C'est en tant que 1ère adjointe de Saint-Astier dont mon titulaire est le maire que je suis  une suppléante active chaque fois que son mandat de conseiller général l'occupe.

 

Sur le rôle des suppléants (es) des conseillers généraux :

On a créé un statut sans lui donner de contenu pour le faire exister au cours du mandat.

Mon point de vue c'est qu'il faudrait intégrer le suppléant plus concrètement au mandat du titulaire: par exemple:

- accompagnement du titulaire dans ses représentations officielles

- communication des dossiers pour partager la réflexion

- présence aux réunions de l'Assemblée départementale

C'est un choix politique de gouvernance sur lequel nous devrions nous pencher.

 

Sur mon expérience de suppléante et ma réflexion sur la parité hommes/femmes en politique :

Je relie les deux thèmes car le mot "suppléante" est ultra-majoritairement féminin pour ce qui concerne le Conseil Général.

A voir l'absence éclatante de parité dans l'assemblée de notre Conseil Général et à la lumière de mon expérience de suppléante, j'ai bien saisi que la parité existe peut-être en droit mais pas en fait.

Je mesure le long chemin qu'il reste à faire pour qu'un conseiller général femme soit aussi évident qu'un conseiller général homme dans les mentalités, et celles des intéressés d'abord ... Tout nous montre que ce pouvoir se conjugue spontanément au masculin.

Quand les femmes sont élues dans une collectivité, il est significatif d'observer la répartition des délégations: aux femmes le social, l'éducation, la culture! aux hommes les finances, l'économie, la voirie! Le monde politique a moins évolué que la société civile où la division des tâches est moins sexiste, surtout chez les jeunes générations.

Tournez les pages des journaux locaux: qui coupe les cordons dans les inaugurations? Où sont les femmes élues qui ont travaillé sur les projets qui aboutissent à ces inaugurations?

Le pouvoir politique qui gère la cité, qui gouverne, est traditionnellement détenu par les hommes. Bousculer la tradition est très dérangeant. Pour appliquer la parité là où ce n'est pas obligatoire, ils disent qu' "on ne trouve pas de femmes intéressées". Je ne peux y croire quand je vois que là où la parité existe (les municipalités) les femmes sont très présentes et investies dans leur mandat efficacement. Je ne peux y croire quand je vois qu'en dehors du microcosme politique de plus en plus de femmes sont dans des postes à responsabilité!

Mais pour qu'une femme ait un siège il faut qu' un homme accepte d'y renoncer ...

Il y a des périodes où j'ai envie de baisser les bras car plus de 40 ans d'engagement idéologique et tant d'expérience accumulée pour constater un tel immobilisme est décourageant! A quoi bon vouloir franchir une montagne aussi enracinée dans les mœurs et les têtes? Y compris les têtes de femmes parfois qui s'auto-censurent et se résignent à rester dans l'ombre...

Je n'ai pas de projet personnel autre que mettre mes actions d'élue au service de mes idées politiques. Mais pour cela il faut accéder au pouvoir de décision politique.

 

Sur mon point de vue pour un changement réel :

Oui, je sais que notre Parti travaille activement pour le développement de la parité dans les fonctions électives.

Mais il faut que ce travail se fasse à la base, dans les sections locales, et qu'il produise des consignes qui engagent les militants et les élus dans une action de changement. C'est par le travail à la base, collectivement, qu'on s'approprie la réflexion, les valeurs, les projets. On n'applique pas ce que l'on n'a pas contribué à concevoir.

Les sections ont un rôle important à jouer dans la transformation des mentalités, dans la réflexion sur les gouvernances, dans la valorisation des compétences polyvalentes des femmes et de leur capacité à gouverner.

 

Danielle Bel-Charrut




Source : http://www.ps24.org/saintastier/Et-au-fait--La-par...



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