Fédération de la Dordogne du Parti Socialiste

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Contributions

Du candidat Audi au maire de Périgueux : le sombre avenir des associations




Dans le programme diffusé pendant la campagne des municipales, Antoine Audi voulait "favoriser le partage, développer les échanges, ouvrir le monde aux autres, porter la joie de vivre". On pouvait, naïvement, imaginer que cet ambitieux programme faisait largement place au mouvement associatif. Le candidat est devenu maire, où en est-on aujourd’hui ?
  • Budget 2015 : baisse de 5 % des subventions. Pendant ce temps, la mairie achète pour 300 000 € des caméras de surveillance, dans une ville considérée comme une des plus sûres de France.
     
  • Conseil municipal décembre 2015 : le maire fait voter la fin de la gratuité des locaux municipaux pour les associations, sauf pour les Assemblées générales, des dérogations pourront être accordées au cas par cas.
     
  • Janvier 2016 : le maire confirme la vente de Britten. Ce bâtiment qui bénéficie d’un équipement acoustique et musical exceptionnel abrite, entre autres, une compagnie artistique, des master classes, les répétitions de plusieurs chorales. Quel devenir pour ces activités ?

Des décisions lourdes de conséquences

En premier lieu, de gros problèmes pour les associations. Dans leur grande majorité, elles n’ont pas de locaux propres, et disposent en général de peu de moyens. La mise à disposition gratuite des espaces municipaux est donc cruciale pour elles. Comment réunir les adhérents (il n’y a pas que les assemblées générales dans la vie des associations), organiser une activité, rencontrer le public, répéter (pour le chant, le théâtre, la danse) si il faut payer à chaque fois ? Pour beaucoup d’entre elles, cela risque d’être la fin de leurs activités.

Le patrimoine  bradé. Le coût évalué de Britten par le maire, 400 000 €, est une évaluation strictement immobilière, qui ne tient pas compte du capital que représente l’équipement musical et acoustique du bâtiment. La ville va perdre un petit trésor que beaucoup de villes de la même importance envieraient.

Des atteintes à la démocratie. Quels débats ont préparé ces décisions ? S’appuyant sur quelles expertises ? Comment les dérogations évoquées seront-elles accordées ? En vertu de quels critères ? Après quelles consultations ? Faute d’une grille d’analyse connue, on se dirige droit vers un clientélisme assumé, forçant les responsables associatifs à se mettre bien avec le maire, pour obtenir la précieuse gratuité. Une bien étrange conception de la démocratie.

Mais il y a plus grave. Ces attaques témoignent d’une certaine vision de la citoyenneté et de la démocratie. Les associations sont très diverses, avec des objectifs différents, des fonctionnements différents, des moyens différents, des publics différents. Mais elles ont un point commun, c’est le tout premier échelon de la démocratie, celui du quotidien. Qu’on adhère pour pratiquer un loisir, approfondir ses connaissances, contribuer à la solidarité, exercer une activité artistique, et bien d’autres choses encore, l’association est un cadre irremplaçable pour le vivre ensemble. C’est la rencontre avec les autres, la confrontation des idées, l’apprentissage des différences, l’élaboration des projets ; comme le disait le candidat Audi, c’est "favoriser le partage, développer les échanges". Les priver de moyens, c’est porter atteinte à la citoyenneté, au moment où nous en avons tant besoin.

C’est pourquoi le Parti socialiste dénonce avec vigueur ces mesures qui portent un coup sévère à la vie associative de la ville. Au Conseil municipal, nos élus se feront l’écho de leurs conséquences pour la population et proposeront d’autres approches.

Section de Périgueux