Avec Claude Bérit Debat , au Sénat le combat continue sur les retraites



Avec Claude Bérit Debat , au Sénat le combat continue sur les retraites
Claude Bérit-Débat a dénoncé au Sénat le 6 octobre dans la soirée, un texte « injuste, inégalitaire et inefficace ».

L’ambiance au Sénat a pris des allures d’Assemblée nationale depuis l’ouverture du débat sur les retraites tant le gouvernement souhaite presser le mouvement et veut passer outre le travail des sénateurs.
Il y a de la fébrilité dans les rangs UMP a tel point que l’Elysée tente d’allumer des contre feux. En effet, il sort de son chapeau deux amendements qui consistent à laisser l’âge de la retraite à taux plein à 65 ans pour les femmes nées entre 1951 et 1956 ayant eu trois enfants et les parents dont les enfants subissent un handicap lourd devant l’accélération de la contestation des citoyens. En réalité, il ne s’agit pas d’une avancée mais d’un recul du gouvernement.
Face à ces manœuvres, mais aussi aux tentatives d’escamotage du débat, dont on aurait pu penser que le Sénat soit dispensé, les sénateurs socialistes résistent puisque, pour l’heure, aucun article n’a été voté.
Dans ce contexte, Claude Bérit-Débat est intervenu en dénonçant un texte qui revient sur un acquis majeur de notre pacte républicain établi par le Conseil National de la Résistance.

Avec Claude Bérit Debat , au Sénat le combat continue sur les retraites
Voici son intervention :

« Ce texte est une régression qui va à l’encontre de ce que les Français attendaient. Ils attendaient un vrai débat et de la concertation. Ils voulaient une réforme juste. Ils voulaient que l’égalité soit respectée. Ils souhaitaient enfin que la réforme soit efficace.
Cette loi est tout l’inverse : elle est brutale, injuste, inégalitaire et inefficace, comme l’a démontré Christiane Demontès.

Et je partage bien sûr l’inquiétude et la colère de ces millions de Français qui se sont exprimés lors des manifestations et dont vous refusez d’entendre les revendications légitimes.

Pour revenir à cet article I A, nous ne pouvons bien entendu qu’être d’accord avec les principes fondateurs qui y sont rappelés.
Toutefois, on ne peut se contenter de les reprendre seulement pour la forme. Ces principes nous engagent alors que les dispositions de ce texte de loi vont à l’encontre même de ce qu’ils représentent. On n’a pas le droit de les bafouer comme le fait cette loi.
Ainsi, l’alinéa 4 de l’article réaffirme que la retraite par répartition est au cœur du pacte social qui unit les générations.
Dire ceci, c’est faire semblant d’oublier que ce projet de loi va rendre le droit à la retraite moins accessible.
Dire ceci est d’autant plus malvenu quand il est fait référence au droit à une pension et à un traitement équitable, quelque soit l’activité ou le régime de cotisation.
Mais quelle équité y aurait-il dès lors que l’on allonge la durée de cotisation à taux plein sans tenir compte de l’âge d’entrée dans la vie active ?
J’attends d’ailleurs, Monsieur le Ministre, que vous nous apportiez quelques éclaircissements à la suite des déclarations faites par le Premier Ministre dimanche dernier dans une émission télévisée.
Trouvez-vous juste que quelqu’un qui ait commencé à travailler à 18 ans soit obligé de cotiser 44 ans ? Pour ma part, je considère qu’affirmer ceci, c’est faire insulte aux travailleurs qui ont des carrières longues.
Et je suis curieux de savoir comment on peut affirmer que ce texte va permettre à ceux qui ont eu une carrière longue de toucher une retraite plus élevée.
Je prendrais un autre exemple : comment oser parler d’équité quand le texte confond sciemment pénibilité et invalidité ?
Comment oser parler d’équité enfin, quand on voit le sort réservé aux femmes dans ce texte ?
Ce n’est pas d’équité qu’il s’agit, mais d’injustice. Injustice et cynisme, comme le montre les dispositions concernant les seniors et les chômeurs.
Et que penser du dernier alinéa, qui fait référence au maintien d’un niveau de vie satisfaisant, de transparence, de solidarité et de pérennité financière ?
De quelle solidarité s’agit-il quand les salariés vont devoir supporter 85% au moins d’une réforme alors que les revenus du capital sont encore une fois protégés ?
Pérennité financière : mais qui pourrait croire que ce texte-là y contribuera ?
- On vide le fonds de réserve des retraites ;
- On rogne sur les droits des femmes ;
- On se livre à des opérations comptables entre assurance chômage et assurance vieillesse ;
- On méconnaît la pénibilité et on rend la situation de millions de seniors encore plus difficile ;
Mais on ne résout rien. La meilleure preuve que ce texte n’a de réforme que le nom que vous lui donnez, monsieur le Ministre, car en 2018, il faudra encore y revenir !
Non, décidemment, les Français n’ont pas été et ne sont pas respectés puisqu’après avoir escamoté le débat, le gouvernement estime doctement qu’ils se trompent !
Le Parlement enfin n’est pas respecté : on lui impose encore une fois la procédure d’urgence, comme s’il fallait empêcher à tout prix qu’il puisse légiférer sereinement.

Cet article 1 A est donc un artifice, un cache-misère bien mince pour masquer l’énormité de la régression sociale qu’impose ce texte.
Dans tous les cas, nous avons fait des propositions responsables pour une réforme des retraites juste, équitable et efficace.
Nous vous les rappellerons tout au long de ce débat et nous attendrons de vous que vous les preniez en compte. »




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