Appel Citoyen : Face à la xénophobie et à la politique du pilori : liberté, égalité, fraternité



«extrait de l’album: Les bijoux de la Castafiore» «Cette reproduction n’a aucune portée commerciale et ne saurait être utilisée comme telle»
«extrait de l’album: Les bijoux de la Castafiore» «Cette reproduction n’a aucune portée commerciale et ne saurait être utilisée comme telle»
Les plus hautes autorités de l’Etat ont fait le choix de jeter à la vindicte publique des catégories entières de population : Gens du voyage accusés comme les étrangers d’être des fauteurs de troubles, Français d’origine étrangère sur lesquels pèserait la menace d’être déchus de leur nationalité, parents d’enfants délinquants, etc. Voici que le président de la République accrédite aussi les vieux mensonges d’une immigration coûteuse et assimilée à la délinquance, et offre ainsi à la stigmatisation des millions de personnes en raison de leur origine ou de leur situation sociale. Ce qui est à l’œuvre dans cette démarche ne s’inscrit pas dans le débat légitime, dans une démocratie, sur la manière d’assurer la sûreté républicaine. Le nécessaire respect de l’ordre public n’a pas à être utilisé pour créer des distinctions entre les habitants de ce pays et désigner des boucs émissaires. Ni pour instituer des peines de prison automatiques, contraires aux principes fondamentaux du droit pénal, à l’indépendance de la justice et à l’individualisation des peines. La Constitution de la France, République laïque, démocratique et sociale, assure « l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ». Nul, pas plus les élus de la nation que quiconque, n’a le droit de fouler au pied la Constitution et les principes les plus fondamentaux de la République. Notre conscience nous interdit de nous taire et de laisser faire ce qui conduit à mettre en péril la paix civile. C’est pourquoi les organisations signataires feront signer une pétition nationale samedi 4 septembre dans la matinée à Périgueux (sur le marché, devant la mairie, sous l’Arbre de la Liberté devant la Poste Principale, devant Monoprix) et appellent à un rassemblement devant l’Arbre de la Liberté à 11 heures suivi d’une manifestation afin de fêter le 140e anniversaire d’une République que nous voulons plus que jamais, libre, égale et fraternelle. Organisations associées à Périgueux : ADECR, AF Mémoire de la Déportation, Anacr, APCD, Appel des appels, ATTAC, CFDT, CGT, Confédération Paysanne, COLADO, Emmaüs, Femmes solidaires, Fondation Copernic, FTDA, FSU, Institut d’Histoire sociale (CGT), Ligue des Droits de l’Homme, Ligue de l’enseignement MRAP, Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti Communiste Français, Parti de gauche, Parti Socialiste, Planning familial, RESF, Sud solidaire, UJFP, Verts et Europe écologie.




1.Posté par Matisson le 27/08/2010 09:44
Bien d'accord sur le fond, le Conseil de l'Europe dit que la solution est avant tout locale, ce que je veux bien croire. Alors, je m'interroge sur l'action réelle sur le terrain , des Mairies de Périgueux, de Bergerac ou du Conseil général de la Dordogne, pour lutter contre cette infamie ... Merci de me répondre...
Salut et fraternité
Jean-Marie Matisson

2.Posté par Cédric Brun le 31/08/2010 14:15
Une petite réaction à ton commentaire. Celui-ci n'est pas très clair. Sur la question de la révision du code de la nationalité (déchéance de la nationalité), je ne pense pas que les communes ou les départements puissent faire grand-chose. Pour ce qui est de l'accueil des Roms d'Europe de l'Est, c'est une question qui relève explicitement d'une politique d'ensemble qui va de l'aide communautaire, à l'accueil des immigrés économiques européens, là encore, l'action concrète des municipalités ou des départements est assez limitée.
Pour ce qui est de l'accueil des gens du voyage, je ne crois pas que les municipalités de Périgueux ou de Bergerac soient directement responsables de l'accueil des gens du voyage. Ce sont les communautés de communes qui ont la compétence pour la création et l'entretien des aires d'accueil. Il y avait aujourd'hui dans la DL et dans Sud-Ouest des papiers soulignant la satisfaction d'un groupe de 80 caravanes de se voir accueilli dans de bonnes conditions par la CAP sur la zone de Marsac bien qu'il s'agisse d'une mesure provisoire.
Au-delà des conditions décentes d'accueil des gens du voyages (en terme de place, d'infrastructures sanitaires et d'électricité) c'est toute la question de l'acceptation de la culture nomade dans notre société qui est posée. Les politiques éducatives pour l'accueil scolaire des enfants du voyages doivent être maintenues (c'est de la responsabilité de l'inspection académique et de la préfecture) tout en ne cherchant pas nécessairement à acculturer les enfants à toute force. C'est un travail sur le long terme qui demande de dépasser les caricatures (de l'école jacobine comme de la culture nomade) et de travailler dans le détail avec les populations concernées. C'est tout ce travail qui est menacé par l'amalgame et la stigmatisation entreprises par le gouvernement de Nicolas Sarkozy.

3.Posté par Claude Bérit-Débat, sénateur de la Dordogne, Président de la le 01/09/2010 11:28
En effet, le gouvernement tente depuis cet été de masquer les échecs de sa politique économique, sociale, mais aussi de faire oublier son projet de loi sur les retraites en cherchant des boucs émissaires, en l’occurrence les Roms et les gens du voyage.
Or, cet amalgame dangereux qui est fait aujourd’hui entre délinquance et certaines communautés met à mal les principes fondateurs de notre République, de notre démocratie sans apporter la moindre solution sur le plan de la sécurité publique. Aussi, plutôt que d’enchaîner les dérapages médiatiques, le gouvernement aurait, me semble t-il, mieux fait de stopper les suppressions ou redéploiements inopportuns des forces de l’ordre sur le territoire.
Pour revenir plus précisément sur l’accueil des gens du voyage, il existe une loi votée sous le gouvernement Jospin en 2000 dite Besson- Louis, pas Eric- qui oblige les communes de plus de 5000 habitants à se doter d’aires d’accueil pour les non sédentaires.
Cette loi permet de remplir deux objectifs, accueillir décemment les gens du voyage et éviter les stationnements sauvages. Pour pallier aux problématiques qui peuvent survenir, il suffirait de mieux l’appliquer.
Localement, pour répondre à notre ami internaute qui s’interroge sur ce qui est fait, la Communauté d’Agglomération Périgourdine et ses élus ont souhaité dès 2001, s’inscrire pleinement dans le dispositif prévu par la législation de 2000. La CAP a voulu faire une politique globale sur l’accueil des gens du voyage basé sur le dialogue et le respect mutuel. Elle a d’abord procédé à un travail de terrain, réfléchi à la présence déjà effective de gens du voyage sur chaque commune, l’objectif étant que l’accueil soit réparti de façon équilibrée sur l’agglomération selon les moyens et les caractéristiques des municipalités.
Pour l’heure, il existe quatre aires de voyage de Coulounieix-Chamiers à Trélissac en passant par Chancelade et Marsac.
Ces aires d’accueil sont encadrées par un règlement intérieur qui stipule l’établissement d’une caution, le paiement d’un droit d’occupation, de l’eau et de l’électricité au coût réel (les compteurs sont individuels). L’occupation maximale est de 5 mois. Une dérogation peut-être admise toutefois pour la scolarisation des enfants, à condition que cette scolarisation soit assidue.
Précisons, en outre, que sur la ville de Périgueux, il existe dix logements locatifs sociaux adaptés à la sédentarisation des familles.
Enfin, en ce qui concerne l’accueil ponctuel des grands groupes (en moyenne 100 caravanes pour une dizaine de jours), un sujet d’actualité et médiatisé notamment après l’épisode Bordelais, la CAP a prévu deux aires. Une déjà réalisée à Champcevinel (pour trente caravanes) et l’autre pour 2012 à Notre Dame de Sanilhac, un emplacement pour 80 caravanes).
En attendant, toujours dans la concertation, la CAP propose soit le parc d’exposition de Marsac soit d’autres terrains qu’elle viabilise (vidange sanitaire, eaux et électricité).
Dans tous les cas, pour les grands groupes, une convention d’occupation temporaire est signée et elle fixe les engagements de chacun. A la CAP de viabiliser le terrain, de faire le lien avec la préfecture et l’éducation nationale si besoin, aux bénéficiaires de l’emplacement d’établir une caution de 100 euros, de respecter les lieux, et de régler un forfait d’occupation journalier par caravane.
Voilà donc concrètement comment nous travaillons localement sur l’accueil des gens du voyage et avec eux, loin des polémiques provoquées par l’exécutif.




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