2012 : la guerre...des nerfs!



2012 : la guerre...des nerfs!
La sortie médiatique du Président de l’Assemblée Nationale, Bernard Accoyer, ne laisse pas de me surprendre. Comparer les conséquences d’une victoire de la gauche en 2012 aux ravages d’une guerre, voilà qui dépasse outrancièrement la mesure.
Ce dérapage, puisqu’il s’agit bien de cela, interroge. D’abord car, incarnant l’une des chambres du Parlement, son président se doit à un certain devoir de réserve et de légalisme républicain. Ensuite car il révèle bien un des dangers qui guettent la campagne à venir. En effet, alors que le premier tour aura lieu dans exactement 100 jours, on s’aperçoit que les attaques personnelles et les petites phrases se multiplient. Que Bernard Accoyer y ait succombé à son tour a, par conséquent, de quoi inquiéter.

La métaphore guerrière n’est pas, toutefois, dénuée de toute pertinence, dès lors que l’on évoque la compétition électorale. Chacun en comprend bien le sens figuré. Le terme de même de campagne électorale y renvoie, tout comme l’expression bataille électorale. Encore convient-il que l’on en reste au sens figuré.
Cela ne devrait pas être, en réalité, très difficile, tant les enjeux de l’élection présidentielle qui vient sont décisifs. Je l’ai dit, je le répète, l’élection de 2012 représente un tournant majeur dans notre histoire contemporaine. La crise mondiale y est pour beaucoup, mais les faits sont là : nous sommes à un tournant.
L’impulsion que nous donnerons à la France à travers le choix des urnes décidera vraisemblablement de notre capacité à affronter les défis immenses qui nous attendent. Autrement dit, on peut continuer à faire « le buzz » à coup de déclarations fracassantes et déplacées ou choisir de s’affronter, de guerroyer, démocratiquement, à la loyale, projet contre projet, vision contre vision, propositions contre propositions.

Interpellé par Martine Aubry, le Président de la République a justement reconnu que la remarque « accoyenne » était pour le moins déplacée. Il a exhorté également chacun à élever le débat. Il était temps et c’est justement ce que les Français souhaitent et ce qu’ils attendent des candidats, déclarés ou non.
En tant qu’élu, je suis pour ma part bien conscient des responsabilités qui sont les miennes au moment d’entamer cette campagne. Les représentants du peuple doivent être à la hauteur des attentes des Français. Ils doivent porter haut l’intérêt de la France. Cela exige maîtrise de soi et clairvoyance. Les circonstances l’exigent ; les enjeux le réclament. S’il y a bien une guerre que les citoyens leur reprocheront par conséquent de perdre, ce sera bien celle de la guerre … des nerfs !




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